La Galerie France 5
Rubens, peindre l'Europe

diffusé le dim. 15.10.17 à 9h30
de : Jacques Loeuille
55 min | tous publics
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Figure de proue du mouvement baroque, Pierre Paul Rubens incarne à lui seul le XVIIe siècle. Côtoyant les puissants de son temps, cet immense portraitiste de cour joua aussi un rôle diplomatique important. À l’occasion de l’exposition « Rubens — Portraits princiers », au musée du Luxembourg du 4 octobre 2017 au 14 janvier 2018, retour sur la vie et l’œuvre de cet Européen d’avant-garde.

 

Peintre, humaniste, collectionneur d’art, maître d’atelier, conseiller et obligé des rois, Pierre Paul Rubens (1577-1640) fut un génie protéiforme. Son œuvre considérable — 1400 tableaux — réconcilie les antagonismes esthétiques de la Renaissance italienne et flamande. Elle est surtout le fruit de toutes ses expériences de voyages européens, mariant ses talents de coloriste inspiré par le style ornemental italien au puissant réalisme des maîtres flamands. La peinture baroque et foisonnante de celui que l’on considère comme le premier artiste moderne connaît un prolongement inhabituel en politique. Car, toute sa vie durant, Rubens va essayer de réconcilier une Europe déchirée par les guerres de religion.

 

Né en Allemagne alors que sa famille, protestante, est en exil, il a 12 ans lorsqu’elle revient aux Pays-Bas, divisés entre les Provinces-Unies, indépendantistes, au nord, et les États méridionaux, sous le giron de l’Espagne catholique. À 15 ans, il entre en apprentissage à Anvers auprès des romanistes Adam van Noort et Otto van Veen. En 1600, il part pour l’Italie, où il devient, à seulement 23 ans, peintre officiel à la cour de Vincent Ier de Gonzague, duc de Mantoue. Pendant son séjour transalpin, qui le mène notamment à Venise et à Rome, il copie les grands maîtres de la Renaissance et s’illustre tant dans la peinture religieuse qu’avec ses nombreux portraits d’apparat. Il effectue également son premier voyage diplomatique à la cour d’Espagne.

 

Le peintre des princes

 

En 1608, Rubens, apprenant que sa mère est malade, quitte l’Italie. Son retour à Anvers coïncide avec la signature de la Trêve de douze ans, qui suspend le conflit entre l’Espagne et la partie septentrionale des Pays-Bas. Il est fait peintre de la cour bruxelloise, tout en exécutant, grâce à un atelier florissant, des œuvres pour d’autres commanditaires. En 1621, la reine de France, Marie de Médicis, veuve de Henri IV, lui demande un cycle à sa gloire. Il réalise, en quatre ans, 25 grands formats allégoriques pour le palais du Luxembourg.

 

Cet artiste prolifique est également connu pour être un redoutable homme d’affaires. Dès 1628, le peintre polyglotte devient, en parallèle, diplomate officiel, une fonction jusqu’ici réservée aux membres de l’aristocratie. Envoyé en Espagne, puis à Londres, le portraitiste des princes se sert de sa notoriété et de son entregent pour faciliter les relations entre les puissants de son temps. L’occasion pour le maître flamand de tenter de mettre un terme à la guerre qui ruine, depuis 60 ans, son pays…

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