On nous appelait Beurettes La vidéo n'est pas disponible
Elles s’appellent Dalila, Aourdia ou Mina. Elles ont entre 45 et 50 ans et ont toutes grandi dans le même quartier de Bobigny, ... celui de l’Amitié, au début des années 70. On connaît bien l’histoire de leurs frères, les «Beurs», largement médiatisée. Mais les femmes ? Le quartier de l'Amitié, c’est aussi le quartier de la réalisatrice et narratrice du film, Bouchera Azzouz. Elles appelaient leurs mères les «daronnes». La société allait, dans les années 80, les enfermer, elles, sous l’étiquette de «beurettes», féminin de «beurs», mot dérivé du verlan pour dire «rebeu», donc arabes. Elles font partie de cette génération qui a vu naître les quartiers et qui va être confrontée de plein fouet à la problématique de l’intégration. Ce sont elles qui ont essuyé les plâtres d’une tentative d’un premier «vivre-ensemble», elles qui sont allées pour la première fois à l’école française mais qui ont connu les vacances d’été au bled et l’écartèlement plus ou moins douloureux entre deux cultures. Le mariage forcé n’était pas un mythe mais bien, pour beaucoup, comme Mina, une dure réalité. Car les Beurettes ont dû non seulement gagner le droit d’être pleinement citoyennes en tant que personnes issues de l’immigration mais aussi en tant que femmes : dans la douleur, il leur faudra faire évoluer les mentalités au sein de leurs propres familles, où les traditions pèsent lourd sur leur destin de femmes.
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