Chroniqueur : Thierry Curtet     1992 avait été une année des plus mouvementée dans l’histoire de la ... couronne d’Angleterre. Lors d’un discours, la Reine Élisabeth II l’a qualifié alors « d’annus horribilis » comprenez « année horrible » en latin. Ce terme peut bien être utilisé pour 2020 à l’échelle mondiale avec la pandémie de coronavirus. Alors que nous vivons tous, les dernières heures de la vingtième année du XXIe siècle, les Français se demandent quels vœux Emmanuel Macron va exprimer ce soir à 19h pour annoncer, on l’espère, une meilleure année 2021.     2020 : la nouvelle « annus horribilis »     Ce sera la dernière allocution de l’année pour le président de la République. Ce jeudi 31 décembre à 19h, Emmanuel Macron prendra la parole et prononcera un discours qui reviendra « sans doute sur l’année 2020 », confesse Roland Lescure, député LREM. « Pour reprendre les termes de la Reine Élisabeth, c’est une « annus horribilis ». Crise sanitaire, crise économique, crise sociale, résurgence du terrorisme… Ça a été une année extrêmement difficile pour la France et pour chacun d'entre nous ». Selon le président de la Commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale, cette année « ne s’est pas trop mal terminée quand même. On a pu célébrer Noël, pour ceux qui le font, en famille ».    Alors que la campagne de vaccination a débuté le week-end dernier, les polémiques vont bon train. Le petit-fils du résistant Pierre de Lescure explique que la « politique vaccinale a débuté lentement à raison, notamment pour s’assurer que les chaînes logistiques étaient bien rodées ». Il poursuit : « Les Français sont attachés à leur médecine libérale. Ils vont aller voir leur médecin traitant, avoir une conversation avec leur médecin pour s’assurer qu’ils sont consentants (…) Dès la semaine prochaine, on va accélérer. Fin janvier début février, on aura des centaines de milliers de Français qui seront vaccinés. L’objectif, c’est 15 à 20 millions de vaccinés au premier semestre ».     2021 : année du renouveau ?     Ce Nouvel An presque confiné fait écho à la décision que le ministre de la Santé, Olivier Véran, a proposé. Un couvre-feu à 18h à partir du 2 janvier prochain devrait être mis en place dans certaines villes et régions alors que nombreux maires souhaiteraient plutôt des confinements. « L’objectif de la lutte contre ce virus, c’est de limiter au maximum les contacts sociaux, » déclare Roland Lescure. « C’est un virus de la relation sociale. (…) 18h ça veut dire que soit, vous allez télétravailler, soit vous vous rendez au travail et à 18h, vous rentrez chez vous ». Ce couvre-feu ne s'applique pas à l’intégralité du territoire, mais seulement à quelques régions. « Il y a une vingtaine de départements aujourd’hui qui sont particulièrement victimes d’un virus qui circule vite. On a une sorte de thermostat qui permet un peu de régler la pression en fonction de la circulation du virus », explique le président de la Commission des Affaires économiques.   Cependant, une date est très attendue par les Français. « On sait tous que le 7 janvier, on a un rendez-vous important. On va savoir quel est l’impact des fêtes de fin d’année sur la circulation du virus. On saura, d’ici une semaine, si le plateau sur lequel on est s’est malheureusement poursuivi par une accélération du virus, ou si on reste sur un plateau légèrement descendant », atteste Roland Lescure. Or, le député reste très sceptique quant à la réouverture des cinémas et restaurants. « Ça m’étonnerait qu’on puisse les ouvrir dès le 7 janvier parce que nous sommes sur des rythmes de progression assez élevés. On a eu 25 000 cas hier en France. (…) Il faut être extrêmement prudent ».   Selon le demi-frère du journaliste Pierre Lescure, « le vrai espoir économique, c’est le vaccin. C’est la lumière au bout du tunnel qui permet d’envisager, un jour, une vie à peu près normale ».     Emploi, écologie, réindustrialisation du pays : les grands chantiers de 2021     L’emploi des jeunes, la transition écologique, la réindustrialisation du pays… Les problématiques pour l’année à venir sont nombreuses et complexes. Mais Roland Lescure est optimiste. « Le rebond économique est à peu près assuré. Ce qui va être plus compliqué, c’est de relancer de manière durable l'économie. On a voté un plan de relance, il est déjà en place. D’une certaine manière, il y a eu un incendie en 2020 qu’il a fallu éteindre. Donc, on a arrosé, à grandes eaux, comme personne ne l’a fait ailleurs dans le monde. Maintenant, il faut commencer à se projeter dans la reconstruction ». Pour le député, « l’idée est d’utiliser le plan de relance pour transformer l’économie française. Sur les 100 milliards du plan de relance, il y a 30 milliards qui vont servir à la transition écologique ».   La réforme de retraites était le gros dossier de l’année 2020 mis en stand-by à cause de la Covid-19. Selon le député, cette question ne pourra être réglée que lors de la campagne présidentielle. « Un des défis de la campagne présidentielle sera ‘comment on paye ?’ Entre les chimères de ceux qui pensent qu’on peut annuler la dette et ceux, comme nous, qui pensons qu’il faut, sans doute, d’abord relancer la croissance. Il y aura un vrai débat politique et ça, je pense qu’il ne pourra être tranché que dans le cas d’une campagne présidentielle. Ce sera la même chose avec les retraites ». La politique du gouvernement et de Roland Lescure  est « qu’il faut d’abord sortir l’économie française de l’ornière dans laquelle elle est. Il faut vacciner tout le monde. Il faut voter la Convention citoyenne pour le climat. Il faut aussi voter la loi pour les principes républicains… Tout ça, c’est beaucoup de choses à faire, » conclut-il.
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