présenté par : Thierry Beccaro

Chroniqueuse : Caroline Roux      Dans son ouvrage « La Familia grande » paru le 7 janvier dernier, Camille ... Kouchner brise l’omerta qui plane sur le sujet de l’inceste et dénonce les attouchements dont son frère jumeau aurait été victime par son beau-père, le célèbre politologue Olivier Duhamel. Aujourd’hui, dans « l’affaire Duhamel », c’est désormais Frédéric Mion, directeur de Sciences Po qui est pointé du doigt. Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation revient sur ce sujet, mais aussi la détresse des étudiants à cause la pandémie de Covid-19.     Affaire Duhamel : « Frédéric Mion reste alors qu’il savait »     Dans une lettre ouverte, plus de 500 étudiants, professeurs et salariés de Sciences-Po, demandent la démission du directeur de Sciences-Po, qu’ils accusent de ne pas avoir réagi de manière adéquate après avoir été informé des accusions dont faisait l’objet Olivier Duhamel. « Marc Guillaume (conseiller d’État) et Élisabeth Guigou (membre de la Commission sur l’inceste) démissionnent alors qu’ils ne savaient pas. Frédéric Mion reste alors qu’il savait », dénoncent-ils. Frédérique Vidal s’exprime. « Je veux adresser toutes mes pensées à la victime et globalement, à toutes les victimes. Ce sont des faits tout à fait inadmissibles et tout à fait condamnables », témoigne la ministre de l’Enseignement supérieur, avant d’ajouter que « Frédéric Mion a eu l’occasion de s’exprimer. Il a dit que, effectivement, lorsqu’il avait été informé, il avait pris des renseignements. On lui avait dit que c’était une rumeur ».   Sciences-Po est un établissement public, dont le directeur est nommé pour une durée de cinq ans par décret du président de la République, sur proposition du ministre de l’Enseignement supérieur. Frédérique Vidal a donc, son mot à dire sur ce dossier. « Moi, j’attends de savoir, en réalité, comment les choses se sont passées. Je vais le recevoir et il y a la possibilité de mettre en place une enquête de l’inspection générale. C’est ce qu’il va probablement se passer. Je vais saisir l’inspection ».     Covid-19 : la détresse des étudiants     Cela fait maintenant dix mois que les facultés sont fermées. La solitude, mais aussi la détresse psychologique ainsi que la précarité gagnent de plus en plus d’étudiants. « Pour ce deuxième confinement, nous avons choisi de ne pas fermer complètement les universités, de laisser ouvertes les salles de ressources informatiques ainsi que les bibliothèques universitaires, » déclare Frédérique Vidal. « Nous avons aussi maintenu les formations pratiques. C’est environ 10% des étudiants qui pouvait aller à la faculté ». Est-ce suffisant ? « Bien sûr que non », répond la ministre de l’Enseignement supérieur. « C’est pour cela que depuis le mois de janvier, il est possible de faire revenir les étudiants pour préparer le second semestre. Nous sommes en train de travailler avec les conférants, présidents et directeurs d’établissement pour voir comment faire revenir plus d’étudiants tout en garantissant à la fois leur propre sécurité et le fait que ça ne fasse pas flamber à nouveau l’épidémie ». « Psychologiquement, l’incertitude nous mine tous et plus encore les jeunes. C’est l’âge où normalement, ils se projettent dans l’avenir ».      Covid-19 : des solutions pour aider les étudiants     Le ticket U à un euro jusqu’à la fin de l’année, le remboursement de trois séances chez un psychologue pour tous ceux qui le demandent, une nouvelle aide exceptionnelle de 150 euros pour les élèves boursiers. Toutes ces idées émanent des étudiants eux-mêmes et sont proposés directement au président de la République. La ministre de l’Enseignement supérieur confirme que « l’extension du ticket U à un euro jusqu’à la fin de l’année a été actée et est prévue d’ores et déjà dans le budget ». « Nous avons autorisé les établissements à doubler le nombre de psychologues présents sur le site, » ajoute Frédérique Vidal, mais aussi l’étude de « la possibilité de consulter dans les villes sans faire d’avances de frais ». Afin de limiter au maximum les triches qui ont toujours existé, mais qui risquent d’être plus importantes cette année, la ministre annonce que « 20% des examens se feront en présentiel ». « Tout est fait pour que cette année universitaire, et surtout pour que les diplômes, à la fin, gardent toute leur valeur, nous avons autorisé les examens en présentiel. Tout n’est pas à distance », conclue la ministre.
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