présenté par : Laurent Bignolas

Chroniqueuse : Caroline Roux    L’Institut Pasteur de Lille révèle qu’il travaille depuis plusieurs mois ... sur une molécule qui traitait, auparavant, les rhino-pharyngites et qui pourrait avoir une efficacité sur la Covid-19. Le Professeur Xavier Nassif, son directeur général, répond aux questions de Caroline Roux dans les 4 vérités.     Covid-19 : « il va falloir juste apprendre à vivre avec »     À Nice, dans les Alpes-Maritimes, le virus de la Covid-19 se propage rapidement. Pour la première fois dans l’Hexagone, depuis le début de cette pandémie, un confinement localisé, peut-être même le week-end est envisagé. Le Professeur Xavier Nassif, directeur de l’Institut Pasteur de Lille croit à l’utilité de ces mesures ciblées. « Le virus se propage localement de personne à personne. Si vous avez un foyer d’endémie particulièrement important, cela peut avoir du sens pour l’interrompre en disant aux gens qu’il faut se restreindre encore plus. (…) On ne l’a jamais fait. Peut-être qu’on mûrit au fur et à mesure du processus et qu’on finit par avoir des opérations chirurgicales plus localisées », explique le médecin.   Au sein même du Conseil scientifique, un débat est en train de naître. L’idée est de savoir s' il faut reconfiner fermement en allant vers une société zéro Covid, basée sur le modèle asiatique, ou bien, vivre avec, et demander aux personnes les plus fragiles de s’auto-isoler, comme le soutient le Professeur Jean-François Delfraissy. Le biologiste précise que « le seul virus qu’il connaisse, que l'on a réussi à éradiquer est celui de la variole et tous les autres, comme celui de la rougeole, on n’a pas réussi ». « Je pense que vouloir éradiquer ce virus, personnellement, est utopique » affirme le scientifique avant de poursuivre. « C’est un virus qui est apparu, il va falloir juste apprendre à vivre avec ».     Institut Pasteur : pas de vaccin, mais un traitement ?     Pendant qu’on essaie d’accélérer la campagne de vaccination, l’Institut Pasteur de Lille travaille sur une molécule dite repositionnée, pour traiter la Covid-19. « Le repositionnement, c’est quelque chose qui a été fait il y a un an maintenant. Il y avait deux choses sur le campus Pasteur-Lille qui permettaient de faire prendre la mayonnaise. La première chose était une chimiothèque qui appartient à l’Université de Lille, et de l’autre côté, une unité de biologie, dirigée par le docteur Jean Dubuisson, qui était l’une des rares unités qui travaillait sur les coronavirus au premier janvier de l’année dernière. (…) On a regardé si, dans la chimiothèque, il n’y avait pas un médicament qui pourrait marcher sur ce virus. Et, il y en a un qui marche très bien au laboratoire », explique le Professeur Xavier Nassif. Il s’agit du clofoctol, qui était vendu jusque dans les années 2005 pour traiter les rhino-pharyngites. « Grâce à des donateurs, petits, importants voire, très importants comme celui du groupe LVMH » et « aux subventions de la région des Hauts-de-France » un programme a pu être « mis sur pied ». « Il a été soumis aux autorités sanitaires », déclare le médecin. « On attend les autorisations pour commencer les essais cliniques, c’est-à-dire entrer dans la phase deux ».   Le ministère de la Santé aurait mis « un coup de frein » aux essais car pas considérés comme « priorités nationales ». Le directeur général de l’Institut Pasteur de Lille donne plus de précision. « Nous voulions faire directement un essai type de phase trois, plus ambitieux. Le ministère de la Santé n’a pas dit que ce n’était pas bien. Il a dit qu’il fallait essayer, mais commencer par un essai de phase deux. Plutôt que de mettre 500 personnes d’un coup, faire une preuve de concept sur un nombre plus réduit.»   Ce traitement serait pour tous types de patients, à la condition de l’administrer au tout début de la maladie, pour éviter de développer une forme grave de la maladie.
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