présenté par : Laurent Bignolas

Chroniqueuse : Caroline Roux    Le journal Libération a révélé une fuite de données d’une gravité sans précédent. ... Les dossiers médicaux de prés de 500 000 Français se sont retrouvés en libre accès sur Internet. Numéros de Sécurité sociale, résultats d’analyses, noms, adresses, etc. Toutes ces informations ont été divulguées sur la toile. Cédric O, secrétaire d’État chargé du numérique, répond aux questions de Caroline Roux dans les 4 vérités.     « Islamo-gauchisme » : « je considère qu’il y a des problèmes »     Des députés ainsi que des ministres proches d’Emmanuel Macron ont signé une tribune dans le journal Le Monde sur « Islamo-gauchisme » pour « refuser le débat droite-gauche sur un thème totem ». Cédric O fait parti de ce collectif. « Ce qu’on a écrit, c’est qu’il y a actuellement une forme de polarisation du débat sur une certain nombre de termes fétichisés comme ‘Islamo-gauchisme’ ou ‘inter-sectionnalité’ qui empêche le débat et qui empêche de rentrer dans l’action publique. L’histoire d’En marche, c’était d’avoir refusé une polarisation du débat autour des termes droite-gauche qui empêchent d’aborder les vrais problèmes », explique le secrétaire d’État chargé du numérique. L’ancien Trésorier de La République en marche « considère qu’il y a des problèmes de sédimentation des discriminations, de proximité problématique entre une partie de l’extrême gauche et des formes d’Islam politique qui vont, parfois, jusqu’à l’antisémitisme. Mais ce n’est pas pour ça qu’il faut enfermer cela dans des termes ‘fourre-tout’ qui empêchent d’aborder les vrais problèmes ».   Cette tribune a suscité beaucoup de réactions dans la majorité donc celle de Francis Chouat, député de l’Essonne. Ce dernier juge ce texte « insupportable » et le qualifie de « bouillie intellectuelle ». « J’ai beaucoup de respect pour Francis Chouat », répond l’ancien conseiller parlementaire, avant de poursuivre : « Je peux être en désaccord avec lui. Je trouve que sa réaction qui dit que, grosso modo, ‘vous êtes des naïfs, vous n’avez pas de quotient intellectuel’ et un peu la même que quand on nous disait ‘si vous dites que vous n’êtes ni de droite ni de gauche, vous n’avez aucune ossature intellectuelle’. Non, je ne suis pas d’accord avec ça ».     Piratage : 500 000 dossiers médicaux dans la nature     Le journal Libération a révélé mardi dernier que les données médicales de près d’un demi-million de Français avait été piratées et sont visibles sur Internet. « Cette fuite a eu lieu en novembre dernier. L’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) en avait été informée. Une notification avait été faite à l’ANSSI à cette époque-là. C’est très grave et c’est d’autant plus grave que ça arrive dans une période où on voit une augmentation exponentielle des cyber-attaques », explique Cédric O. Le secrétaire d’État chargé du numérique rappelle que « lorsque nous avons appris cela en novembre, l’ANSSI a demandé un certain nombre d’informations supplémentaires, soit aux laboratoires, soit à la société » et « qu’une procédure juridique est en cours, car l’État n’est pas le responsable de traitement ». En effet, ce sont les laboratoires qui sont les responsables. C’est leur rôle de prévenir l’ANSSI ainsi que la CNIL. C’est également à eux , en lien avec la CNIL, de « juger si la fuite est grave et de prévenir les personnes concernées » par la fuite. « Vraisemblablement, les laboratoires ne l’ont pas fait », déclare Cédric O.   Si les laboratoires savaient qu’ils ont été piratés et qu’ils n’ont pas prévenu les utilisateurs, à ce moment, « si la CNIL estime que la fuite était grave et qu’ils devaient les prévenir, elle sanctionnera les responsables », affirme l’ancien trésorier de La République en marche.   Ce piratage n’est pas un acte isolé. Au début du mois de février, les hôpitaux de Dax et de Villefranche-sur-Saône ont, eux aussi, été victimes de cyber-attaques. « Aujourd’hui, la situation est stabilisée. Il n’y a pas eu, apparemment, de vols de données. Il y a eu l’arrêt de l’acceptation des personnes dans les services d’urgence et de l’imagerie médicale, plus de téléphone. C’est extrêmement grave. (…) L’ANSSI, donc l’État, est intervenue extrêmement rapidement. Le virus a été, à priori, expulsé et on a commencé à reconstruire le système d’information », explique Cédric O. En ce qui concerne les hôpitaux, « ce sont plutôt des organisations mafieuses » qui sont responsables de ces attaques, selon le secrétaire d’État chargé du numérique. « Ça rapporte énormément d’argent. En 2019, ce sont 1 000 milliards de dollars. Quand ils gèlent votre système d’information, ils vous demandent souvent une rançon. C’est pour cela qu’ils attaquent les hôpitaux. Ce sont des entités sous pression ».
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