FAHIM de Pierre François Martin-Laval
  Avec Assad Ahmed, Gérard Depardieu, ... Isabelle Nanty et Mizanur Rahaman
      Forcé de fuir son Bangladesh natal, le jeune Fahim et son père quittent le reste de la famille pour Paris. Dès leur arrivée, ils entament un véritable parcours du combattant pour obtenir l’asile politique, avec la menace d’être expulsés à tout moment. Grâce à son don pour les échecs, Fahim rencontre Sylvain, l’un des meilleurs entraîneurs d’échecs de France. Entre méfiance et attirance, ils vont apprendre à se connaître et se lier d’amitié. Alors que le Championnat de France commence, la menace d’expulsion se fait pressante et Fahim n’a plus qu’une seule chance pour s’en sortir : être Champion de France.     « Fahim » est l'adaptation du roman « Un Roi clandestin », un récit autobiographique coécrit par Fahim Mohammad, Sophie Le Callennec et Xavier Parmentier, publié en 2014. Le réalisateur Pierre-François Martin-Laval explique comment il a connu le livre : « Le 15 février 2014, je regarde à la télé ‘On n’est pas couché’. Laurent Ruquier interviewe un jeune bangladais de quatorze ans à l’occasion de la sortie de son livre, ‘Un roi clandestin’. Je n’en ai encore jamais entendu parler, mais je suis à la fois fasciné et bouleversé par ce garçon qui raconte d’une voix calme et posée, pourquoi, à l’âge de huit ans, il a dû soudainement quitter sa mère et son pays natal ; comment, ensuite, après avoir débarqué avec son père en France, sans en connaître ni la langue, ni la façon de vivre, il a réussi à survivre et à devenir, quatre ans plus tard, malgré son statut de SDF sans papiers, le champion de France d’échecs des moins de 12 ans. Quel parcours ! Mon sang de cinéaste ne fait qu’un tour. J’ai aussitôt envie de faire un film. »   Pour bâtir son scénario, Pierre-François Martin-Laval s'est appuyé sur le livre mais aussi sur les témoignages qu'il a recueillis directement. « En premier lieu, ceux de Fahim et de son père, puis ceux de plusieurs responsables d’associations d’aide aux réfugiés. Enfin celui de Xavier Parmentier. Si j’ai dédié mon film à cet entraineur aussi génial qu’extravagant, à qui Fahim doit d’être devenu champion, c’est qu’il est brutalement décédé avant que ‘Fahim’ ne soit achevé. Pendant environ six mois, je me suis plongé à la fois dans ce monde des échecs et dans celui des réfugiés bangladais dont j’ai découvert qu’ils vivent souvent dans des conditions de peur et de précarité assez insoutenables. La maturation de ce film a été longue, mais il fallait que je me sente légitime pour le faire. Fahim était mon premier biopic : il était hors de question que je dise des inepties », se rappelle-t-il.   Pierre-François Martin-Laval revient sur le casting et le challenge le plus important était de trouver Fahim, « Mohamed – Directeur de casting – a commencé par le chercher dans les quartiers de Paris où sont regroupés les bangladais. Ne le trouvant pas, il s’est rendu dans les banlieues. Mohamed a fini par trouver sur photo un enfant de douze ans. Quand ce dernier est arrivé au casting, on s’est aperçu qu’il mesurait… 1 mètre 75. Heureusement ce grand petit garçon était venu avec un copain, Assad, qui, lui correspondait physiquement au Fahim que nous cherchions. Arrivé en France trois mois avant, c’était un jeune garçon très réservé mais il a accepté de passer les essais. » Concernant Isabelle Nanty, le cinéaste avoue avoir écrit le rôle pour elle : « Isabelle est ma bonne fée. Je ne peux pas imaginer faire un film sans elle. Sur un plateau, elle fait du bien à tout le monde. Elle est à la fois solaire et bienveillante. C’est une amie exceptionnelle et une comédienne miraculeuse. Son inventivité est éblouissante. Elle prend des risques inouïs. Contrairement à d’autres, elle ne refait jamais deux fois la même chose. Elle propose tellement que parfois, on se sait plus quelle prise choisir. Exceptionnellement pour ce film tourné avec une majorité d’acteurs non professionnels, je lui avais demandé, comme à Gérard d’ailleurs, d’être dans l’hyper réalisme, autrement dit, d’’être’, de ne pas composer . C’est très difficile. Il n’y a que les plus grands comédiens, qui peuvent faire ça. Gérard et elle ont été géniaux. Je trouve que, dans son contraste, leur couple, fonctionne vraiment bien. » La comédienne explique ce qui lui a plus dans le scénario : « Avant que P.E.F. ne me fasse parvenir son scénario, et sauf à travers ce qu’il m’en avait raconté, je n’avais rien lu ni entendu sur l’histoire de Fahim. Comme tous ceux à qui il l’a donné à lire, j’ai été très émue. Je me suis dit que cette histoire pouvait peut-être ouvrir les yeux des gens sur les immigrés et sur tous ceux qui dorment dans la rue. Ce qui m’a d’abord frappée, c’est qu’à travers le strict récit des faits, on pouvait comprendre le courage qu’ont eu ces gens de quitter leur pays. Il faut une sacrée détermination pour plaquer sa terre d’origine, et donc, sa famille, ses racines, sa langue, et ses coutumes. Moi, même si ma vie était en danger, je ne sais pas si j’en serais capable. Ce qui m’a également touchée, c’est la fraternité qui sous-tend le film. Si Fahim s’en sort, c’est grâce à ses dons personnels, mais aussi aux mains qu’on lui tend. Le scénario est illuminé par cette fraternité. »   Pour jouer Sylvain, l’un des meilleurs entraîneurs d’échecs de France (qui dans la vraie vie s’appelait Xavier Parmentier), Pierre-François Martin-Laval a fait appel à Gérard Depardieu. Le metteur en scène justifie ce choix : « Quand j’ai rencontré Xavier Parmentier, je me suis retrouvé face à un homme qui m’a évoqué Gérard Depardieu : même gabarit, même douceur et même…tempérament volcanique. Étant un grand naïf, j’ai évidemment tout de suite pensé à Gérard pour l’interpréter, sans imaginer une seule seconde que ce dernier pourrait me dire non. Jusque-là, en matière de distribution, j’avais toujours eu de la chance. J’avais rêvé des Monty Python, je les ai eus. J’avais rêvé de Pierre Richard, il est venu. etc… Quand j’ai envoyé le scénario à l’agent de Gérard, j’ai quand même un peu tremblé. Le script faisait 140 pages. J’ai eu peur que cette longueur ne décourage Gérard. Ça n’a pas été le cas : dans les 48 heures, il m’a dit oui. Gérard est un homme élégant. Il ne vous fait pas lambiner longtemps. »       MATTHIAS & MAXIME de Xavier Dolan
  Avec Gabriel D'Almeida Freitas, Xavier Dolan et Anne Dorval
      Deux amis d’enfance s’embrassent pour les besoins d’un court métrage amateur. Suite à ce baiser d’apparence anodine, un doute récurrent s’installe, confrontant les deux garçons à leurs préférences, bouleversant l'équilibre de leur cercle social et, bientôt, leurs existences.     « Matthias & Maxime » parle, pour Xavier Dolan, des différentes amitiés qui ont traversé sa vie. Le metteur en scène s’explique sur ce thème : « Trouver ma place aura été, comme pour la plupart du monde, j’imagine, l’histoire de ma vingtaine. J’ai, par amour, et cherchant à remédier à un sentiment d’imposture, fait un fou de moi plus souvent qu’à mon tour. Le succès s’accompagne d’isolement et avant que j’aie pu m’en rendre compte j’étais, après avoir franchi mon premier quart de siècle, seul, les trois quarts du temps. Mais depuis quelques années, j’ai vu se poser sur ma route quelques personnes qui, se trouvant au bon endroit, au bon moment, sont devenues pour moi des phares. Je les ai laissées entrer chez moi, et elles ne sont plus reparties. J’ai donc pu, ces derniers temps, découvrir ou redécouvrir des humains avec qui, avant d’être réalisateur ou scénariste, j’ai pu être moi-même. Ce que j’ai donné et parfois perdu en amour, avec eux je l’ai retrouvé. Je crois qu’au fond, davantage que de faire des films, dans la deuxième moitié de ma vingtaine, je me suis fait des amis. 'Matthias & Maxime' parle d’amitiés comme celles-là. Dans un autre monde, et dans une autre histoire. Où de jeunes gens de différentes origines, différentes classes, arrivent à un certain âge et, au tournant d’une époque et de ses grands questionnements, se demandent comme moi où est bien leur place. »   « Matthias & Maxime » constitue l'occasion pour Xavier Dolan de retrouver Anne Dorval après « J'ai tué ma mère »« Les Amours imaginaires »« Laurence Anyways » et « Mommy ». Ce nouveau film permet mais aussi au metteur en scène de faire tourner d'autres comédiens canadiens moins connus chez nous (Gabriel D’Almeida Freitas, Pier-Luc Funkou encore Samuel Gauthier). Gabriel D’Almeida Freitas fait partie de la cuvée 2011 de l’École Nationale de l’Humour. Dès sa sortie des classes, il scénarise et produit deux séries destinées au web. Il est aussi auteur de différents projets dont le one-man show de Julien Lacroix. À titre de comédien, il participe à plusieurs séries télévisuelles et récemment, c’est en tant que concepteur qu’il produit l’émission d’humour et variété « L’Open Mic ».       ** BONUS **
    LA BONNE RÉPUTATION de Alejandra Marquez Abella
  Avec Ilse Salas, Cassandra Ciangherotti et Paulina Gaitán
      Sofia, en bonne place dans la haute bourgeoisie locale en ce début des années 1980, mène une vie de luxe et d’oisiveté que permet la rente de la société de son mari, lui-même héritier. Lorsque la crise économique frappe, les affaires périclitent brutalement, et emportent avec elles son univers d’apparat déconnecté des réalités. Face à la réalité d’une chute imminente, elle fera tout pour sauver les apparences…     « La Bonne réputation » est basé sur « Las Niñas bien » (= les filles bien nées), un recueil de chroniques mondaines de Guadalupe Loaeza. La réalisatrice a choisi de porter à l'écran les textes de Loaeza avec humour mais sans tomber dans la frivolité et la superficialité : « Pour moi, il était important de les appréhender de façon frontale, de ne pas racheter le sujet ni les personnages par la comédie. »   Le film se déroule en 1982, année de la crise économique. Si cette crise semble loin, les choses n'ont pourtant pas tant changé depuis au Mexique. Il était essentiel pour la réalisatrice de restituer cette époque : « Il est fondamental de regarder dans le passé pour comprendre ce qui se passe aujourd'hui. Cette situation fut déterminante pour le Mexique. L’augmentation de la valeur du dollar a été fulgurante et c’est encore vrai aujourd’hui. Cela a changé profondément la société mexicaine. Avec la nationalisation des banques sous la présidence de Lopez Portillo, il y a eu un avant et un après dans notre pays. Le contexte politique du Mexique en toile de fond dans ce film montre qu’une partie de la population très aisée a tout perdu alors qu’une classe sociale a émergé de ce contexte économique. » La cinéaste a choisi de donner une place centrale aux femmes – elle s’explique : « C’est effectivement un film très féminin. Mais il faut bien comprendre qu’elles font partie de la première génération de femmes qui ont eu accès au vote. Elles n’avaient donc pas l’habitude de participer à la vie politique de leur pays car elles avaient été mises à l’écart jusque là. C’est un film qui parle de la condition humaine d’un point de vue de genre. »
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