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présenté par : Caroline Roux, Axel de Tarlé

Après la démonstration de force du 5 décembre, les opposants à la réforme des retraites sont de nouveau dans la rue ce mardi ... partout en France à l’appel de la CGT, FO, FSU, Solidaires et plusieurs organisations de jeunesse. Comme jeudi dernier, les transports publics sont très perturbés, notamment en région parisienne, en ce sixième jour de grève : 10 lignes de métro sont à l’arrêt à Paris alors qu’un RER A sur deux et un RER B sur trois circulent, selon la RATP. Et la situation ne devrait pas s’arranger ces prochains jours dans la capitale puisque la poursuite de la grève a été votée au moins jusqu’à mercredi, parfois jusqu’à vendredi. "La semaine est morte", a résumé Thierry Babec, de l’Unsa-RATP, premier syndicat de la régie parisienne.   À la SNCF, un TGV et un Transilien sur cinq en moyenne sont en circulation ce mardi, quand dans le ciel, les compagnies aériennes ont été priées une nouvelle fois de réduire leur programme de vols. Il y a aussi nombre d’école fermées : le taux de grévistes est de 12,41 % dans le primaire et de 19,41 % dans le secondaire selon le ministère de l’Éducation nationale, respectivement 30 % et 62 % selon les syndicats. Enfin sept des huit raffineries françaises sont également bloquées, selon la CGT, qui indique que des grèves ont été enclenchées cette nuit sur des sites de production d’électricité avec des baisses de charge.   Avec cette nouvelle journée de manifestations, les organisations syndicales entendent maintenir la pression sur l’exécutif à la veille des annonces du Premier ministre. Objectif : amener le gouvernement à renoncer à mettre en place un "système universel" par points censé remplacer les quarante-deux régimes existants (général, des fonctionnaires, privés, spéciaux, autonomes, complémentaires) et être "plus juste". Eux dénoncent au contraire une "précarisation" de l’ensemble des pensionnés. Pour Frédéric Sève de la CFDT, seul syndicat favorable à un régime universel, "l’essentiel va se jouer mercredi" avec les annonces d’Édouard Philippe, auxquelles "tout le monde est suspendu".   Le Premier ministre doit détailler l’architecture de la réforme demain à la mi-journée puis au 20 heures de TF1. Il est particulièrement attendu sur certains sujets comme les périodes de transition pour les régimes spéciaux, une éventuelle revalorisation des carrières de la fonction publique, notamment des enseignants, ou encore la question de la pénibilité et de la valeur des points. Au chapitre des concessions, Les Échos, évoquent ce mardi un report de l’entrée en vigueur de la réforme d'une dizaine d’années, soit pour la génération née en 1973, voire en 1975.   Une dernière réunion "de calage" est prévue ce mardi soir à l’Élysée avec des ministres et cadres de la majorité. "Il va falloir faire plus que certains compromis, il va falloir faire certaines concessions", a estimé de son côté la députée LREM Olivia Grégoire. Parallèlement, une intersyndicale est programmée à l’issue de la manifestation parisienne, et une nouvelle journée de mobilisation jeudi est "déjà en réflexion", selon la CGT et FO.   Alors le gouvernement peut-il reculer ? Quelles concessions sont à l’étude ? Concrètement comment fonctionne un régime de retraite à points ? Combien vaudra un point et comment sera-t-il réévalué ? En Suède, les pensions ont-elles baissé après son instauration ?     Invités :   • Fanny Guinochet, journaliste au service économie pour L’Express.   • Hakim El Karoui, essayiste et auteur de "La Lutte des âges. Comment les retraités ont pris le pouvoir", aux éditions Flammarion.   • Mathieu Plane, économiste à l’OFCE (L’Observatoire Français des Conjonctures Économiques).   • Sophie Fay, journaliste, chef du service Économie de L’Obs.