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présenté par : Caroline Roux, Axel de Tarlé

L’heure des grandes manœuvres a sonné pour Vladimir Poutine. En annonçant hier une série de réformes constitutionnelles et en ... nommant un nouveau Premier ministre, en remplacement de Dimitri Medvedev, le chef du Kremlin a montré qu’il ne comptait pas attendre 2024, année qui marque la fin de son quatrième mandat – et théoriquement dernier mandat de président – pour organiser la suite de son pouvoir.   Les grandes lignes ? Donner plus de pouvoir au Parlement, au Premier ministre et au Conseil d’État tout en gardant un président fort. Il est prévu également de limiter la fonction présidentielle à deux mandats, et non plus à deux mandats "successifs". Une clause qui empêcherait un éventuel successeur d'agir comme Vladimir Poutine en signant quatre mandats entrecoupés d'un intermède au poste de Premier ministre. D’autre part, il serait interdit aux juges et aux membres du gouvernement de posséder des permis de séjour à l'étranger et tout candidat à l'élection présidentielle devrait avoir résidé en Russie au cours des vingt-cinq dernières années.   Dans une telle configuration, quelle serait la place de Vladimir Poutine en 2024 ? Il pourrait être élu Premier ministre par un Parlement largement acquis à sa cause ou prendre la tête d'un Conseil d'État musclé et doté de pouvoirs étendus sur les organes de sécurité et des gouverneurs aux pouvoirs renforcés. L'homme qui aura régné près d'un quart de siècle sur le pays incarnerait alors la figure du "leader national" à la tête de cette structure qui jouerait un rôle de gouvernement parallèle.   Avec cette réforme de la constitution, Vladimir Poutine semble en tout cas vouloir s’offrir tous les scénarios pour rester au pouvoir, et écarter toute accusation d’autoritarisme. D’où la promesse, hier, d’organiser un référendum sur ce sujet. Parallèlement, le chef du Kremlin vient de remporter un nouveau succès diplomatique. Avec l'aide de son allié de circonstance, la Turquie, la Russie est en effet parvenue à imposer, depuis le dimanche 12 janvier, un cessez-le-feu en Libye, pays plongé dans le chaos depuis 2011 et aujourd'hui déchiré par une guerre civile entre le gouvernement de Tripoli (GNA), reconnu par l'ONU et incarné par Fayez al-Sarraj, et les forces du maréchal Haftar, homme fort de l'est libyen. Mieux, la Turquie et la Russie ont réussi à réunir les deux hommes pour des pourparlers à Moscou qui visaient à entériner cette trêve. Après s’être imposé comme un acteur incontournable de la guerre en Syrie, la Russie tente de rejouer le scénario en Libye mais aussi en Afrique. Une manière de défendre ses intérêts dans la région et de se poser comme une alternative aux Occidentaux dans le concert des nations.     Invités :
  Pierre Servent, expert en stratégie militaire et Auteur de "50 nuances de guerre" aux éditions Robert Laffont.   • Frédéric Encel, géopoliticien, spécialiste du Moyen-Orient et professeur à Sciences Po Paris.   • Tatiana Kastouéva-Jean, chercheuse, directrice du Centre Russie à l’Institut français des relations internationales.   • Jean-Dominique Merchet, journaliste pour L’Opinion, spécialiste des questions de diplomatie et de défense.