France.tv - Programmes et replay des chaînes France Télévisions
La vidéo n'est pas disponible

présenté par : Caroline Roux, Axel de Tarlé

Les deux mois de confinement ont eu un impact, considérable et prévisible, sur les habitudes des Français et sur leurs envies ... en matière de logement. Et selon une enquête réalisée par le site de petites annonces immobilières SeLoger, les petites et moyennes villes pourraient être “les grandes gagnantes de la crise du Covid-19”.
70% des Français choisiraient d’investir dans un bien immobilier située dans une ville de moins de 100.000 habitants s’ils en avaient les moyens, selon un sondage réalisé fin avril par OpinionWay. Encore plus surprenant, les villes de moins de 3.500 habitants sont le premier choix, séduisant 32% des personnes interrogées. A l’inverse, seulement 23% des Français feraient le choix opposé en achetant dans une agglomération de plus de 100.000 habitants.

Cette enquête d’opinion est confirmée par les différences constatées dans les recherches de biens immobiliers. “Avant, les recherches d’appartements et de maisons étaient au coude à coude, alors que, depuis (le confinement, ndlr), il y a 65 % de recherche de maisons. Les personnes recherchent en dehors des métropoles, pas en première couronne mais en deuxième, et avec un extérieur. C’est vraiment la crise sanitaire qui a amené ce comportement-là”, précise Michel Lechenault, responsable éditorial du Groupe SeLoger.

Cette volonté de s’éloigner des grandes agglomérations devrait satisfaire le Ministre chargé du Logement Julien Denormandie. “Notre programme Action Coeur de Ville vise justement à revitaliser ces villes de quelques dizaines de milliers d’habitants qui ont parfois été délaissées ; à redynamiser ces cœurs de ville qui périclitent, où les commerces de proximité ferment les uns après les autres et où les logements se dégradent”, déclare-t-il dans l’enquête réalisée par Se Loger.
Et ces commerces de centre-ville pourraient justement être eux-aussi des grands gagnants de cette période de confinement. Selon les chiffres Kantar des parts de marché du 23 mars au 19 avril, dévoilés par LSA Conso, “les hypermarchés ont perdu 3,1 millions de clients et 8,1 points de parts de marché, soit sans doute, l’équivalent de 1 milliard d’euros évaporé à cause de ce satané virus”, écrit le magazine. A l’inverse, le panier moyen des Français dans les supérettes de proximité est "en hausse de 46%" sur la même période.
La crise sanitaire a également confirmé une tendance, qui avait déjà pris de l’ampleur au moment de la période de grève contre la réforme des retraites : l’attrait des Français pour le vélo comme moyen de transport. 12,1% d’entre eux envisagent de l’utiliser pendant cette période post-confinement alors qu’ils n'étaient que 7,7% auparavant, selon un sondage réalisé par le réseau de réparateurs de vélos Cyclogix. Et les professionnels du secteur ont constaté une hausse de leur chiffre d’affaires de 45% sur les ventes en ligne entre la période de confinement et la même période en 2019.
Les petites et moyennes villes vont-elles réellement profiter de cette crise sanitaire pour attirer davantage de Français ? Les habitudes de consommation de nos concitoyens sont-elles amenées à changer de façon durable ? Va-t-on assister à une revanche des territoires ?

Invités :

- Henry Buzy-Cazaux, président de l’Institut du Management des Services Immobiliers

- Aziza Akhmouch, cheffe de la division villes, politiques urbaines et développement durable à l’OCDE

- Pascale Hebel, directrice du pôle consommation et entreprises au Credoc

- Hervé Le Bras, démographe, directeur d’études à l’EHESS et auteur de “Se sentir mal dans une France qui va bien”