Coup d'État : le Mali dans l'inconnu, la France aussi La vidéo n'est pas disponible

présenté par : Caroline Roux, Axel de Tarlé

Ibrahim Boubacar Keïta, président du Mali depuis 2013, a annoncé sa démission dans la nuit de mardi à mercredi. “Si aujourd'hui, ... certains éléments de nos forces armées veulent que cela prenne fin via leur intervention, ai-je vraiment le choix ?", a déclaré celui qu’on surnomme IBK lors d’une allocution télévisée.
La démission du président malien, arrêté hier par les militaires à l’origine d’un coup d’État, a donc été une décision prise sous la contrainte. Ibrahim Boubacar Keïta n’a pas été le seul membre du pouvoir à être destitué par les militaires. Sa démission entraîne également celle du gouvernement - le Premier ministre Boubou Cissé a lui-aussi été arrêté mardi - et de l'Assemblée nationale.

Les militaires maliens ont annoncé ce mercredi matin qu’ils souhaitaient organiser des élections dans un “délai raisonnable”. Ils ont également annoncé la création d’un Comité national pour le salut du peuple. La prise de pouvoir par les militaires fait suite à un mouvement de contestation qui aura duré plusieurs mois et qui réclamait le départ d’un président accusé de mauvaise gestion et de corruption. Mardi matin, les militaires sont entrés en rébellion dans un camp situé près de la capitale Bamako, avant de rejoindre les manifestants réunis dans la capitale et d’arrêter donc le président malien et son premier ministre.

La communauté internationale a majoritairement condamné les évènements qui se sont déroulés au Mali ces dernières 24 heures. Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé à la "libération immédiate et sans conditions" du président malien. Le conseil général des Nations Unies doit se réunir en urgence aujourd’hui à la demande du Niger et de la France. Emmanuel Macron a également apporté son soutien à la médiation tentée par plusieurs pays voisins du Mali.  

La France présente militairement au Mali depuis sept ans devrait suivre de très près les conséquences de ce coup d’État. La France avait décidé, sous François Hollande, d’intervenir au Mali en 2013 alors que le pays était menacé par des groupes djihadistes. L’armée française avait déployé l’opération Serval, transformée en opération Barkhane, dotée de beaucoup plus de moyens, dès l’année suivante.

L’opération Barkhane a permis la neutralisation de plusieurs chefs d’organisations terroristes dans la zone située entre le Mali, le Niger et le Burkina-Faso et notamment le leader d’Aqmi, Abdelmalek Droukdal. Mais elle a aussi eu un bilan humain assez lourd, avec 47 soldats français morts au Sahel, dont 13 lors d’un accident d’hélicoptère survenu en novembre dernier. De plus, la présence militaire français au Sahel n’aura pas réussi à éradiquer la menace terroriste dans la région.

Ce coup d’État militaire au Mali est donc un nouveau sujet épineux au niveau international pour Emmanuel Macron, qui a déjà été sur plusieurs fronts cet été  : le Liban, après l’explosion dramatique survenue à Beyrouth, le Niger, suite à l’attentat ayant coûté la vie à six humanitaires français, et les tensions en méditerranée entre la Grèce et la Turquie.

Comment expliquer ce coup d’État militaire au Mali ? Quelle attitude doit adopter la France ? La présence militaire français au Sahel est-elle encore pertinente ?


Invités :

- Yves Threard, éditorialiste et directeur adjoint de la rédaction du Figaro

- Louis Magloire Keumayou, éditorialiste-président du Club de l’Information Africaine

- Armelle Charrier, éditorialiste à France 24-spécialiste des questions internationales

- Stéphanie Hartmann, journaliste à Africa Radio


En duplex :

- Niagalé Bagayoko-Penone, politologue, Présidente de l’African Security Secteur Network (ASSN),
experte sécurité en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale.  
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