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Bridgestone : que peut encore l'État ? La vidéo n'est pas disponible

présenté par : Caroline Roux, Axel de Tarlé

La décision fait l'effet d'un coup de tonnerre. Le fabricant de pneus japonais Bridgestone a annoncé mercredi matin le projet ... de fermeture de son usine de Béthune, dans le Pas-de-Calais, à horizon de l'année 2021, invoquant une surcapacité de production en Europe et la concurrence des marques asiatiques à bas coûts. Ouverte en 1961, l’usine de Béthune emploie 863 salariés, sans compter les intérimaires.   L'annonce de la fermeture est "une trahison de la confiance que l’État et la région Hauts-de-France ont placée" dans Bridgestone, a déclaré le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal. Dans un communiqué commun, le gouvernement et le président de la région des Hauts-de-France Xavier Bertand ont dénoncé la "brutalité" de cette annonce et ont demandé "à l'entreprise que soient ouverts et analysés en détail l'ensemble des scénarios alternatifs à la fermeture du site". De son côté le ministre de l'Economie Bruno Le Maire s'est élevé contre "une décision révoltante" et a assuré que le gouvernement allait se "battre" pour trouver une solution.   Mais sur le terrain c'est la douche froide. "Ça fait 5.000 familles qui vont être impactées" avec les sous-traitants, s'est ainsi alarmé Jean-Luc Ruckebush, délégué CGT. "On importe 151 % de pneumatiques en France. On pourrait les fabriquer dans le pays. La concurrence est faite par notre propre groupe, par nos usines sœurs !"   Cette décision de Bridgestone intervient près d'un an après celle du groupe Michelin de fermer l’usine de pneus de La Roche-sur-Yon (Vendée) qui employait 619 salariés et son site de Bamberg (858 salariés) dans le sud de l'Allemagne. Et comme son concurrent français l'an dernier, le fabricant japonais invoque la concurrence accrue sur les pneus à bas coût produits en Chine et en Corée du Sud, dont les parts de marché ont grimpé en flèche, notamment en Europe, depuis le début des années 2000.   Alors que peut faire le gouvernement ? Pourquoi a-t-il décidé de miser sur l’hydrogène "vert" afin de réduire les émissions de CO2 des secteurs de l’industrie et des transports ? Comment réussir les relocalisations industrielles en France ? Si l’exécutif fait de cette question une de ses priorités en cette fin de quinquennat, mettant en avant les choix fiscaux du gouvernement comme la baisse de 10 milliards d’euros par an des impôts de production des entreprises, des industriels français pointent du doigt les achats non européens de la commande publique. Ainsi la Société du Canal de Provence a préféré en juillet dernier des canalisations d’eau en acier turc à celles en fonte française de Saint-Gobain Pont-à-Mousson (PAM), en plein redressement. Et ce, pour la deuxième fois en deux ans. Dénonçant une commande publique qui ne joue pas le jeu de la relocalisation, les industriels réclament aux acheteurs publics d'appliquer la clause de réciprocité excluant des marchés publics français les Chinois, Indiens, Turcs, etc. dont les propres marchés publics sont fermés.   Les industriels réclament aux acheteurs publics d'appliquer la clause de réciprocité excluant des marchés publics français les Chinois, Indiens, Turcs, etc. dont les propres marchés publics sont fermés.     Invités :   Fanny Guinochet, journaliste spécialiste des questions économiques et sociales Chroniqueuse à France Info Mathieu Plane, économiste, directeur adjoint au Département Analyse et Prévision à l'OFCE  Anne-Sophie Alsif, chef économiste au Bureau d'informations et de prévisions économiques Sylvie Matelly, économiste-Directrice adjointe de l’IRIS