Covid : les mutants s'installent La vidéo n'est pas disponible

présenté par : Caroline Roux, Axel de Tarlé

Près de 480 000 personnes ont été vaccinées hier soir en France et cela va s’accélérer. Deux millions de rendez-vous sont d’ores ... et déjà fixés a précisé ce matin le ministre de la Santé sur France Inter sur les six millions de Français qui peuvent prétendre à le faire.
Si le vaccin AstraZeneca est validé le 29 janvier prochain par l’Agence européenne du médicament, quatre millions de personnes pourraient être vaccinées d’ici fin février. "Nous vaccinons à flux tendu" a expliqué Olivier Véran pour tenter d’endiguer la propagation de la Covid-19 et notamment des variants britanniques et sud-africain plus contagieux. "Près de 2000 cas du variant anglais" ont été détectés à ce jour dans le pays. "200 à 300 nouveaux cas par jour en seraient porteurs" actuellement. Ce variant est "très agressif et très contagieux", a averti le ministre. "Il peut devenir assez rapidement dominant" chez nous a-t-il ajouté.

Face à la circulation de plus en plus active de ce variant britannique du coronavirus, les autorités sanitaires rappellent que les gestes barrières restent plus que jamais nécessaires. Avec en point d’orgue la question des masques : masques chirurgicaux, FFP2 ou en tissu ? Pour se protéger, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) recommande désormais d'éviter certains masques en tissu moins filtrants et de privilégier le port d’un masque chirurgical ou en tissu réutilisable de catégorie 1 (qui correspond à une filtration de 90 % des particules). Il encourage aussi à respecter une distance de sécurité de 2 mètres et non 1 mètre entre chaque personne.

Dans les écoles, où les cas se multiplient, l’inquiétude grandit. Après la détection d'un cas du variant sud-africain dans le Val-de-Marne une vaste opération de dépistage est organisée depuis vendredi dans cinq établissements scolaires. Par ailleurs, "une trentaine d'écoles et une centaine de classes" sont actuellement fermées en France a expliqué le ministre de l’Éducation. "Cela risque d'augmenter un peu ces prochains jours", a prévenu Jean-Michel Blanquer, mais "on n'est pas dans une situation d'explosion de la contagion". A ce stade pas question donc de refermer les écoles.

En Allemagne, en revanche, c’est une toute autre stratégie qui est adoptée et de nouvelles mesures restrictives devraient être annoncées dans la journée à l’issue d’une nouvelle réunion entre Angela Merkel et les dirigeants des 16 États régionaux. Parmi les arbitrages envisagés : une forte exhortation au télétravail, le prolongement de la fermeture des écoles et des commerces non alimentaires effective depuis mi-décembre qui s’ajoute à celle des restaurants, cafés, enceintes sportives et culturelles depuis deux mois. Les autorités semblent également décidées à imposer le port du masque FFP2 à tous dans les transports et les commerces, une mesure déjà mise en place en Bavière. Sur le qui-vive, Berlin s'inquiète tout particulièrement de l'importation des variantes du virus beaucoup plus contagieuses, apparues en Grande-Bretagne, en Afrique du Sud mais aussi au Brésil. Ce dernier est soupçonné d’être à l’origine de la nouvelle catastrophe qui frappe la ville de Manaus.

Située au cœur de la forêt amazonienne, la ville était devenue lors de la première vague un symbole de la catastrophe sanitaire qui a fait plus de 210.000 morts au Brésil. Les images des fosses communes creusées à la va-vite avaient frappé l’opinion brésilienne.
Une étude parue en septembre dans Science et mise à jour la semaine dernière estimait même que plus des trois quarts des habitants de la ville avaient déjà rencontré le virus en octobre. Ce qui aurait dû être suffisant pour atteindre une immunité de groupe, censée empêcher la circulation de la Covid-19. Pourtant depuis la semaine dernière le personnel soignant est totalement débordé et la pénurie d'oxygène, vital pour la respiration artificielle de patients gravement atteints, a causé la mort de dizaines de personnes.


Alors que se passe-t-il à Manaus ? Variants identifiés au Brésil, en Angleterre ou en Afrique du Sud, que sait-on de ces mutations du virus responsable de la Covid-19 ? Pourquoi inquiètent-ils ? Peuvent-ils remettre en cause l'efficacité des vaccins ? Pourquoi la France est-elle en retard sur le séquençage du virus pour détecter les variants ? Enfin comment s’en protéger ?     Invités :   - Christine Rouzioux, professeur de virologie-Membre de l’académie de médecine - Caroline Tourbe, journaliste sciences et médecine au Point - Pr. Christian Brechot, virologue - président du Global Virus Network - Pascal Crepey, épidémiologiste et chercheur à l'école des Hautes études en Santé publique de Rennes
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