Turquie, Otan, Sahel : Le retour du shérif américain ? La vidéo n'est pas disponible

présenté par : Caroline Roux, Axel de Tarlé

Pour la première fois depuis l'élection de Joe Biden, les ministres de la Défense de l’Otan se réunissent ce mercredi et jeudi ... par visioconférence. L’occasion pour le nouveau secrétaire à la défense américain Llyod Austin d’expliquer à ses pairs quelle sera la ligne adoptée par l’administration Biden en Afghanistan où l’Otan dispose encore de 9600 hommes dans le pays. Un accord signé en février 2020 entre les États-Unis et les talibans fixe au 1er mai 2021 la date butoir pour le retrait des troupes étrangères. Washington a déjà réduit le 15 janvier à 2500 le nombre de ses soldats sur le territoire afghan, alors que les alliés de l'Otan ont maintenu leurs effectifs dans le pays. Mais depuis, les attaques des talibans ont redoublé et un groupe consultatif mis en place par le Congrès américain a récemment appelé à repousser l'échéance de début mai. Aucune décision n’est attendue toutefois avant que Joe Biden ne se prononce.   Que va décider le président des États-Unis ? Si sa nouvelle équipe n’a donné jusqu'à maintenant que peu d'indication sur sa stratégie sur le terrain, le Pentagone a annoncé ces derniers jours sa volonté de tourner la page des années Trump et de prendre désormais les décisions importantes en pleine concertation avec eux. Le nouveau secrétaire à la défense américain entend également transmettre à ses homologues un message "positif sur la pertinence de l’Alliance", à l’opposé de la vision transactionnelle de Donald Trump, qui considérait l’organisation comme un fardeau pour les États-Unis, voulait "faire payer" les alliés et mettait en doute le principe de la défense collective consacré dans l’article 5 du traité de Washington.   Un changement de ton attendu par les responsables européens pour reconstruire le partenariat militaire transatlantique après le mandat tumultueux de son prédécesseur qui laisse l’organisation, selon les mots d’Emmanuel Macron, "en état de mort cérébrale". Par ces propos, le chef de l’Etat avait suscité, il y a un an de cela, un large débat sur l’état de santé de l’Otan, et déclencher la formation d’un comité de sages. Ce dernier doit faire émerger de nouvelles orientations pour les années à venir, redéfinir ses relations avec l’extérieur, mais également ses relations en interne, entre les divers membres. Ce travail de réflexion va aboutir à un rapport de 70 pages, intitulé "OTAN 2030 - Unis pour une nouvelle ère", regroupant une série de recommandations portant sur les nouveaux défis que posent la Chine et la Russie à l’organisation mais aussi sur un "code de bonne conduite" pour les membres, alors que les tensions entre ces derniers se sont démultipliées ces derniers temps, notamment avec la Turquie d’Erdogan.   Parmi les autres sujets de discussion devraient figurer aussi le terrorisme, l’Irak et le sort des djihadistes étrangers encore détenus dans des camps du nord-est syrien administrés par les forces kurdes, un dossier dans lequel le nouveau gouvernement Biden appelle la communauté internationale à rapatrier ses ressortissants, dans la continuité de l'administration de Donald Trump. La plupart des pays, notamment européens, ayant des ressortissants dans ces camps rechignent à les accueillir ou à rapatrier les enfants orphelins de djihadistes.   Le terrorisme était également au centre des discussions du sommet du G5 Sahel qui vient de se tenir. Mardi, Emmanuel Macron, qui y participait en visioconférence depuis Paris, a appelé à "décapiter" les groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda au Sahel et a souligné la nécessité du retour de l’autorité de l’État dans les territoires délaissés de la région. Il a par ailleurs indiqué qu'il n'y aurait pas de baisse "dans l'immédiat" des effectifs militaires français, c'est-à-dire de l'opération Barkhane, qui compte actuellement quelques 5100 hommes. "Nous sommes là-bas parce que nous avons un destin lié avec le Sahel. Si le Sahel tombe aux mains du terrorisme, l'Europe en vivra les conséquences" a expliqué le chef de l’État. Un temps envisagé, la réduction des effectifs français a donc été repoussée pour l’instant à la fin de l’été.   Alors que passe-t-il au Sahel ? L'Otan va-t-elle s'impliquer dans la région ? Le nouveau président américain Joe Biden peut-il relancer l’Alliance mise à mal durant le mandat de Donald Trump ?   Invités :   - François Clemenceau, rédacteur en chef international au Journal du Dimanche  - Alexandra De Hoop Scheffer, politologue spécialiste des États-Unis - Pierre Servent, expert en stratégie militaire et spécialiste des questions de défense - Marie-Roger Biloa, directrice du groupe de médias Africa International
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