Île-de-France : vers un reconfinement strict ? La vidéo n'est pas disponible

présenté par : Axel de Tarlé

Près de 30 000 nouveaux cas par jour, une pression accrue en réanimation, des variants plus contagieux du virus qui sont devenus ... "la norme" en France… C’est une "situation tendue et inquiétante" qu’a décrit hier le ministre de la santé, Olivier Véran. Particulièrement en Île-de-France, région la plus peuplée du pays, avec 12 millions d’habitants, et des hôpitaux proches de la saturation.
"Toutes les 12 minutes, un Francilien est admis en lit de réanimation" a ainsi alerté le ministre de la Santé. À ce stade, "1080 patients sont pris en charge" dans les hôpitaux franciliens. "Presque le pic de la deuxième vague", a souligné Olivier Véran, avant de prévenir : "Si le rythme continue à être le même, nous dépasserons les 1500 patients Covid en réanimation en Île-de-France à la fin du mois de mars. Ce qui correspond à un seuil critique pour les hôpitaux de cette région". En conséquence : l 'ensemble des établissements de santé - publics mais également les cliniques privées – sont mobilisés pour augmenter les capacités de réanimation. Pour cela près de la moitié des actes chirurgicaux ont déjà été déprogrammés et des dizaines voire des centaines de malades vont devoir être transférer dans d’autres régions.
Pourtant, en dépit d’une pression grandissante sur le système de santé, le gouvernement a décidé d’attendre avant de prendre les éventuelles mesures "qui s’imposeraient". Jusqu’à quand ? Un point sur la situation devrait être fait dimanche par l’exécutif alors que l’hypothèse d’un reconfinement "dur" refait surface. Au ministère de la Santé certains plaident déjà pour une mise sous cloche au moins le week-end. Le Conseil scientifique serait sur la même ligne. Mais à l’Élysée on veut encore se donner quelques jours pour comprendre le phénomène des admissions en réanimation en forte hausse alors que les contaminations augmentent plus lentement. Pour expliquer cette percée de cas graves, de nombreux médecins pointent la responsabilité du variant anglais, qui représente près de 70 % des cas observés dans la région. Plus contagieux, il entrainerait plus de formes sévères et serait 64 % plus mortel que le coronavirus classique selon une étude britannique.  S’il n’est à ce jour pas possible d’établir un lien évident de causalité, "la situation en réanimation correspond, en tout cas, à ce que prévoyaient les modélisations avec l’arrivée de ce variant à la transmissibilité accrue", rappelle de son côté le professeur de santé publique et épidémiologiste Mahmoud Zureik.
Outre l'Île-de-France, d'autres régions font l'objet d'une attention particulière de la part du gouvernement. C'est le cas des Hauts-de-France, mais aussi de la région Provence-Alpes-Côte d’azur où le confinement le week-end a été prolongé.
De l’autre côté de nos frontières, la situation sanitaire inquiète également. Au total, une vingtaine d’autres pays de l'UE, dont l'Espagne, la Belgique, le Portugal, les Pays-Bas, la République Tchèque, la Roumanie, la Slovénie ou encore l'Italie apparaissent également en rouge. Il se murmure d’ailleurs aujourd'hui que la péninsule italienne pourrait bientôt connaître un nouveau confinement. Selon l’AFP, le gouvernement italien devrait ainsi annoncer la fermeture à partir de lundi des écoles, des bars et restaurants dans la majeure partie du pays afin d’endiguer la nouvelle flambée des contaminations. A l’inverse en Angleterre, les élèves de primaire ont repris le chemin de l'école le 8 mars, première étape cruciale dans le plan du gouvernement britannique pour sortir graduellement le pays d'un troisième confinement instauré en janvier dernier. En Allemagne, il a également été décidé début mars un plan d’assouplissement des restrictions contre la pandémie. Mais face à une nouvelle recrudescence ces derniers jours des cas de coronavirus, nourrie principalement par les variants du virus, Lothar Wieler, président de l'institut de veille Robert Koch, préconise pour le moment de "garder autant que possible les mesures" de restrictions sociales contre le virus et de "vacciner le plus possible".     Invités :   - Patrick Pelloux, médecin urgentiste, président de l’Association des Médecins Urgentistes hospitaliers de France (AMUF) - Cécile Cornudet, éditorialiste politique - Les Échos - Anne-Claude Crémieux, professeure en maladies infectieuses - Hôpital Saint-Louis, membre de l’Académie de Médecine - Pr Antoine Flahault, épidémiologiste, directeur de l'Institut de santé globale de l'Université de Genève
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