AstraZeneca : on en fait trop ? La vidéo n'est pas disponible

présenté par : Caroline Roux, Axel de Tarlé

Les rendez-vous sont annulés jusqu’à jeudi au moins. La campagne de vaccination avec AstraZeneca a été suspendue hier en Fr ance dans la foulée de l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas mais aussi le Danemark, l’Islande, l’Irlande, la Norvège, la Bulgarie. Une mesure de précaution prise par la plupart des pays européens face à l’apparition de thromboses (formation de caillots sanguins) chez une trentaine de vaccinés dans toute l’Europe, dont un en France. Aucun élément factuel ne permet pour l’instant de prouver que c’est bien le vaccin développé par le laboratoire anglo-suédois qui provoquerait ce problème médical, qui touche malheureusement des dizaines de milliers de personnes tous les ans. Mais certaines données préliminaires inquiètent les autorités de chaque pays qui ont décidé l’arrêt des injections en attendant l’avis de l’Agence européenne du médicament (EMA).   L’EMA a indiqué qu’elle examinera les données disponibles à partir de ce mardi et qu’elle se réunira jeudi au sujet d’AstraZeneca, tout en confirmant une nouvelle fois que "les avantages du vaccin l’emportent toujours sur les risques". L’OMS, de son côté, organise également une réunion aujourd’hui pour discuter de la situation, après avoir déjà exhorté les pays à continuer de vacciner. "Il ne semble pas y avoir plus de cas [de caillots sanguins, NDLR] que ce que l’on s’attend à trouver dans la même période en population générale", a indiqué Mariangela Simao, directrice adjointe de la section vaccin de l’OMS.   Alors pourquoi le vaccin AstraZeneca a-t-il été suspendu ? Depuis vingt-quatre heures cette décision de précaution suscite de nombreuses interrogations et réactions notamment dans le monde médical. Plusieurs professeurs en pharmacologie voyant là une "annonce politique", plus que scientifique, fruit d’un effet domino parmi les vingt-sept, en quelques jours. Invité ce mardi sur France Inter, le Pr Alain Fischer, président du Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale, a affirmé pour sa part qu’il s’agissait d’une décision médicale avant d'être politique. Rappelant le chiffre revendiqué par le laboratoire anglo-suédois de 17 millions de personnes vaccinées dans l'Union européenne et au Royaume-Uni, il a estimé qu'"il n'y a aucune raison de dire qu'on a été trop vite". Pour autant "la situation est qu'il y a eu de nouvelles alertes venant de pays européens concernant des thromboses atypiques qui suggèrent qu'il pourrait se passer un évènement dans lequel le vaccin joue un rôle", a poursuivi le "Monsieur Vaccin" du gouvernement, attirant l'attention sur l'"atypie plus que sur le nombre de cas" et sur le fait qu'"on n'est plus tout à fait dans le principe de précaution, ça va au-delà".   De son côté, le ministre de la Santé a voulu rassurer les 1 344 148 Français qui ont déjà reçu une première dose : "Je fais partie de ces Français qui ont reçu une injection d’AstraZeneca. Il n’y a pas de démarche particulière à entamer, les gens ne sont pas en danger parce qu’ils auraient été vaccinés par AstraZeneca. Ce que nous dit l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), c'est que comme pour toute prise de médicament, si vous présentez des symptômes, d'ailleurs liés ou non à la prise de ce médicament, et bien vous appelez votre médecin. Sinon, il n'y a aucune démarche particulière à entamer", a insisté Olivier Véran. Le ministre a également dit espérer pouvoir reprendre les vaccinations avec le sérum d’AstraZeneca jeudi après le nouvel avis de l’Agence européenne du médicament.   En attendant, cette décision est un coup dur pour la campagne de vaccination qui perd un nouvel outil dans la lutte contre la pandémie alors que la situation sanitaire se dégrade en France et dans plusieurs pays d’Europe. A l’inverse, la campagne se poursuit au Royaume-Uni où plus de 10 millions de Britanniques ont déjà été vaccinés avec le sérum d’AstraZeneca et elle s’accélère aux Etats-Unis. Le cap des 100 millions de doses injectées ( Pfizer et Moderna) a été franchi outre-Atlantique, et au rythme actuel, les trois quarts de la population américaine pourraient être vaccinés contre le Covid-19 d'ici à cinq mois.   Alors comment expliquer cette cascade de suspensions d’AstraZeneca dans l’UE ? La presse britannique évoque un "excès de prudence" en Europe, qu’en est-il ? La France a-t-elle été "prise de court" par la décision allemande ? Enfin comment la vaccination se déroule-t-elle aux États-Unis ?     Invités :   - Patrick Pelloux, médecin urgentiste au Samu de Paris, président de l’Association des Médecins Urgentistes hospitaliers de France (AMUF) - Caroline Tourbe, journaliste sciences et médecine Le Point - Dominique Seux, directeur délégué de la rédaction des Échos - Jean-François Bergmann, ancien vice-président de la Commission des autorisations de mise sur le marché des médicaments (ANSM)  
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