Crise des sous-marins : la trahison américaine La vidéo n'est pas disponible

présenté par : Caroline Roux, Axel de Tarlé

C’est une très mauvaise nouvelle pour l’industrie navale française. Un "coup dans le dos" selon le ministre des Affaires ét ... rangères, infligé par l’Australie qui devait acheter douze sous-marins conventionnels à la France dans le cadre d’un accord scellé en 2019 pour cinquante ans et 56 milliards d’euros. Mais cette nuit Canberra a changé d’avis, rompu "le contrat du siècle" et passé commande aux États-Unis de sous-marins à propulsion nucléaire.   Une décision justifiée par "un changement de besoin" a expliqué le Premier ministre australien Scott Morrison mettant en avant l’argument nucléaire. Mais ce dernier n’est pas le seul pour comprendre ce revirement qui est surtout la conséquence d’un nouveau partenariat stratégique entre l’Australie, les États-Unis et le Royaume-Uni, voulu par Joe Biden pour contrer l’expansion de la Chine dans la zone Indo-Pacifique. Le président américain a d’ailleurs salué "un pas historique", après la conclusion de cette alliance qui au-delà des navires prévoit un transfert de technologie dans les domaines du nucléaire ou de l’intelligence artificielle. "L’offre américaine aurait été impossible à rejeter", a reconnu de son côté Scott Morrison, "évidemment, une décision très difficile et décevante pour la France".   Une décision difficile, c’est certains, et qui ne passe pas dans l’Hexagone. "Je suis en colère, ça ne se fait pas entre alliés", a affirmé Jean-Yves Le Drian le chef de la diplomatie française, "cette décision unilatérale, brutale, imprévisible, ressemble beaucoup à ce que faisait M. Trump". "Clairement, il y a eu une mauvaise manière des Australiens mais aussi des Américains" a assené de son côté le  porte-parole du ministère des Armées Hervé Grandjean.    Selon le gouvernement, cette rupture unilatérale de contrat ne devrait toutefois pas peser si lourd dans les finances de Naval Group : les sous-marins auraient dû être assemblés en Australie, la sous-traitance devait être locale aussi. Mais c’est un coup dur pour l’image de l’industrie navale française et un revers majeur à la stratégie de Paris dans la zone Indo-Pacifique, fondée sur des partenariats avec l’Inde et l’Australie.   En Chine, la nouvelle a fait également grincer des dents. Le porte-parole de la diplomatie chinoise, Zhao Lijian a estimé que "la coopération entre les États-Unis, la Grande-Bretagne et l'Australie en matière de sous-marins nucléaires sape gravement la paix et la stabilité régionales, intensifie la course aux armements et compromet les efforts internationaux de non-prolifération nucléaire". Alors quelles seront les conséquences de cette affaire ? Pourquoi les États-Unis ont-ils voulu torpiller le "contrat du siècle" ? De son côté, l’UE après avoir suspendu son projet d’accord global d’investissement conclu avec Pékin en décembre 2020, souhaite désormais renforcer ses liens économiques avec New Delhi. Que se joue-t-il dans la zone Indo-Pacifique ? Enfin pourquoi l'effondrement du géant chinois de l’immobilier Evergrande suscite-t-il autant d’'inquiétudes ?   Invités :   - François Clémenceau, rédacteur en chef international - Le Journal du Dimanche - Valérie Niquet, responsable du pôle Asie - Fondation pour la recherche stratégique - Sylvie Matelly, économiste, directrice adjointe de l'IRIS (Institut de Relations Internationales et Stratégiques) - Armelle Charrier, éditorialiste en politique internationale - France 24
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