France/États-Unis : la colère... et après ? La vidéo n'est pas disponible

présenté par : Caroline Roux, Axel de Tarlé

Les tensions ne cessent de s'aggraver entre les États-Unis et la France après l'affaire des sous-marins australiens. Paris qui a déjà rappelé ses ambassadeurs aux États-Unis et en Australie, décision sans précédent vis-à-vis de ces deux alliés historiques, a décidé hier de hausser une nouvelle fois le ton. Lors d'une conférence de presse en marge de l'Assemblée générale annuelle de l'ONU, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a dénoncé, comme il le fait depuis plusieurs jours mais cette fois sur le sol américain, une décision “brutale”, un “défaut de concertation” et une “rupture de confiance entre alliés”. Cela s'apparente aux “réflexes d'une époque que nous espérions révolue”, a-t-il martelé, dans une nouvelle allusion claire à l'ère de l'ancien président américain Donald Trump. Et “cela appelle à des réflexions lourdes entre Européens sur la conception que nous nous faisons des alliances et partenariats”, a ajouté le chef de la diplomatie française qui a reçu cette nuit le soutien des Vingt-Sept, alors que ses partenaires de l’UE se sont montrés plutôt discrets jusqu’ici dans ce dossier.

“Nous exprimons notre claire solidarité avec la France” , a résumé Josep Borrell, le haut représentant de l’UE pour les relations extérieures, à l’issue d’une rencontre entre les ministres des affaires étrangères des Vingt-Sept. “Ce n’est pas une affaire bilatérale mais cela affecte l’UE dans sa totalité.” La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avait, plus tôt, jugé “inacceptable” la manière dont Paris a été “traitée”. “Nous voulons savoir ce qu'il s'est passé et pourquoi”, avait insisté la représentante de l'UE sur CNN.

Des déclarations attendues et souhaitées par Paris, même si ces soutiens sont surtout symboliques, car dépourvu de tout geste concret, et très loin, dans la forme, du ton employé par Jean-Yves Le Drian pour dénoncer “la duplicité et la tromperie” à l’origine de l’alliance Aukus entre Washington, Londres et Canberra, et son corollaire, l’annulation de la vente de douze sous-marins de technologie française à l’Australie au profit de bâtiments à propulsion nucléaire américains.

Un partenariat stratégique mis en place par les États-Unis pour contrer la progression de la Chine dans la zone indo-pacifique, qui suscite de très nombreux remous. En France, au-delà de la colère formulée par les autorités, les regards se tournent désormais vers l'Otan et une petite musique commence à monter dans l’opposition : celle d’un possible retrait français du commandement militaire intégré de l’Alliance, désormais réclamé par Xavier Bertrand, Jean-Luc Mélenchon, Fabien Roussel et le RN.

En Asie du Sud-Est, le contrat de sous-marins nucléaires passés entre l’Australie, les États-Unis et le Royaume-Uni inquiète les pays voisins, comme la Malaisie, l’Indonésie mais aussi la Corée du Nord qui a déjà menacé de renforcer ses capacités militaires, surtout dans le secteur des missiles balistiques. La Chine qui poursuivra ce mardi son duel à distance avec les États-Unis dans l’enceinte de l’ONU a d’ores et déjà condamné sévèrement ce nouveau pacte de sécurité qui “intensifie la course aux armements et compromet les efforts internationaux de non-prolifération nucléaire”.   Invité(e)s :   - François Clémenceau, rédacteur en chef international - Le Journal du Dimanche - Pierre Servent, expert en stratégie militaire - Consultant défense pour France Télévisions - Nicole Bacharan, politologue et historienne-spécialiste des États-Unis - Nathalie Guibert, journaliste Le Monde - Spécialiste des questions de défense
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