Primaire écolo : la tentation radicale La vidéo n'est pas disponible

présenté par : Caroline Roux, Axel de Tarlé

À sept mois de l'élection présidentielle, si les formations politiques balayées en 2017 par l'irruption d'En Marche peinent ... pour certaines à se trouver des champions, pour échapper au spectre de la division, les écologistes, eux, s'approchent un peu plus de la désignation d'un candidat unique : Ce dimanche 19 septembre, Yannick Jadot et Sandrine Rousseau se sont en effet qualifiés pour le second tour de la primaire des écologistes. Le premier, eurodéputé EEELV, a obtenu 27,7% des 106.000 suffrages exprimés en ligne, quand la seconde, économiste, enseignante et vice-présidente de l’université de Lille, a glané 25,14% des voix. Deux finalistes, entrés dans la campagne de l’entre-deux tours ce lundi au micro de France Inter, en contestant à leur adversaire le monopole de la "radicalité" et du réalisme ".
L’ancien directeur des campagnes de Greenpeace France, qui se définit lui-même comme un rassembleur, a cette fois revendiqué aussi pour lui le terme de "radicalité", associé jusqu’à présent généralement à son adversaire : "La radicalité que je porte c'est de gagner l'élection présidentielle". "Je conteste la conception qui est donnée de la radicalité", a-t-il affirmé, avant d'expliquer : "La radicalité ce ne sont pas des mots : ça fait 30 ans que je suis écolo, j'ai été avec les paysans pour lutter contre le libre-échange, j'ai été avec les femmes opprimées au Bangladesh, j'ai été espionné par EDF, j'ai arraché des OGM". "L'écologie que je porte ne transige pas sur le dérèglement climatique, l'effondrement de la biodiversité ou sur la solidarité mais c'est une écologie qui veut rassembler, car quand on veut aller aussi loin, aussi vite, il faut agréger les forces du pays, mettre ensemble toutes les énergies", a-t-il ajouté.

Arrivée deuxième, l'économiste Sandrine Rousseau, intervenue quelques instants après au même micro, s'est pour sa part faite la représentante "d'un mouvement de fond qui veut une transformation radicale, qui veut que les questions sociales et sociétales soient à l'agenda". Contre "l'éco-anxiété" ressentie par de nombreux Français, elle estime que "la radicalité est une manière de nous protéger, nous et nos enfants". "Il faut prendre la mesure du réchauffement climatique. Tout l'été on a eu des catastrophes naturelles d'une ampleur inédite. Le seul moyen de s'en sortir, c'est la radicalité. Le réalisme c'est d'être radical. Il nous faut changer notre système consumériste et productiviste", a insisté celle qui "pose le pari" qu'elle sera "la surprise de cette présidentielle".

En attendant, la campagne se poursuit chez les Verts et les deux candidats débattront sur LCI ce mercredi soir pour tenter de convaincre les électeurs de la primaire écologiste avant le second tour, organisé en ligne du 25 au 28 septembre. Qui sera dans la course à l'Élysée ? Si la question de la radicalité s’est imposée dans la primaire écologiste, elle agite aussi les rangs de la droite alors qu’Éric Zemmour est placé dans une dernière enquête d’opinion à 10% des intentions de vote.

Pas encore officiellement candidat, le polémiste a réussi en cette rentrée à se placer au cœur des débats. L’essayiste, condamné pour incitation à la haine raciale et renvoyé seize fois devant les tribunaux pour ses propos, déboule dans la campagne avec des idées à la droite de Marine Le Pen. Ultra-conservateur, réactionnaire assumé, l'éditorialiste proche de l'extrême droite identitaire et partisan de la théorie du "grand remplacement" ne cache plus ses ambitions présidentielles pour 2022. Lui qui a débuté ce week-end un tour de France à la rencontre des Français dans le cadre de la sortie de son nouvel essai s'est dit vendredi "candidat au débat" dans une conférence qui n'avait pas encore tout à fait l'allure d'un meeting. "Je ne demande que cela, je suis candidat au débat (...) La démocratie, c’est la confrontation des idées", a affirmé l'éditorialiste.

Un message entendu puisqu’il sera opposé à Jean-Luc Mélenchon sur BFMTV, jeudi soir. A rebours du positionnement des Insoumis qui, il y a deux ans, annonçaient boycotter CNews en raison de la présence à l’antenne d'Eric Zemmour, le candidat de LFI à la présidentielle a donc décidé qu’il donnera la réplique au polémiste d’extrême droite en face-à-face et en prime time. Une façon pour lui de tenter de relancer sa campagne ? Placé légèrement devant les autres personnalités de gauche dans les sondages, avec 11 % d’intentions de votes, Jean-Luc Mélenchon peine a clairement creuser l’écart avec les autres prétendants, nombreux à gauche. Parmi eux, on trouve Anne Hidalgo, le candidat des Verts mais aussi Arnaud Montebourg. L’ancien ministre du Redressement productif qui promet une " remontada " de la France a décidé d’aller à la rencontre des Français dans les "sous-préfectures" et les villes moyennes. Et pour cela, il privilégie le train, et plus précisément le TER...

Qui sont les deux finalistes de la primaire écologiste et quels sont leurs programmes ? Le "phénomène Zemmour" pourrait-il rebattre les cartes à droite ? Enfin pourquoi la question de la radicalité semble-t-elle avoir le vent en poupe en cette rentrée ?   Invités :   - Dominique Reynié, politologue et directeur général de la fondation pour l'innovation politique (Fondapol), professeur à Sciences Po et auteur de "le 21ème siècle du Christianisme "publié aux éditions du Cerf   - Vanessa Schneider, grand Reporter au journal Le Monde ainsi que pour "M Le Mag"   - Nathalie Mauret, journaliste politique pour le groupe de presse régionale Ebra   - Brice Teinturier, directeur Général délégué de l’institut de sondages Ipsos. Son dernier ouvrage "Plus rien à faire plus rien à foutre. La vraie crise de la démocratie", est publié aux éditions Robert Laffont.
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