Budget : des dépenses … et des dépenses La vidéo n'est pas disponible

présenté par : Caroline Roux, Axel de Tarlé

Si cet été Bruno Le Maire a voulu siffler la fin de partie en annonçant la fin du "quoi qu’il en coûte", le dernier budget du quinquennat, dévoilé ce mercredi en Conseil des ministres, se présente clairement sous le signe de la dépense publique, avec une hausse attendue de plus de 12 milliards d’euros en 2022.

La moitié de cette enveloppe correspond à des dépenses prévues par des lois de programmation pour augmenter le budget de l'armée, de l’intérieur, de la justice, de la recherche mais aussi de l’éducation où il est question de revaloriser le salaire des enseignants. À cela viennent s’ajouter six autres milliards pour financer les nouvelles promesses, annoncées depuis la rentrée par le chef de l’État au gré de ses déplacements (rallonge du plan sécurité, mesures pour Marseille, pour les sportifs, les indépendants, chèque énergie, plan chômeurs longue durée…).

Un budget loin de l’orthodoxie budgétaire promue par Emmanuel Macron au début de son quinquennat qui fait grincer des dents à sept mois de l’élection présidentielle. En première ligne, les candidats déclarés à droite critiquent violemment le chef de l’État : Xavier Bertrand l’accuse de mener une politique de "quoi qu’il en coûte pour sa réélection" et de "faire campagne avec le chéquier de la France", Valérie Pécresse de "cramer la caisse".

Du côté de la majorité, on assume cette augmentation des dépenses : "Des économies ? Il n’y en aura pas. Ce n’est pas le moment", a affirmé Laurent Saint-Martin, le rapporteur (La République en marche, LRM) du budget. Alors que le Covid-19 commence tout doucement à sortir du quotidien des Français, et que l’économie connaît un rebond, "pas question de faire du rabot ou de l’austérité", a résumé M. Saint-Martin, pour qui "il y a eu le quoi qu’il en coûte économique, il y a désormais le quoi qu’il en coûte des politiques publiques". Mais comment financer ces 12 milliards d'euros de dépenses supplémentaires ? Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire compte sur une forte croissance économique (6 % pour 2021, 4 % pour 2022) et sur des recettes fiscales meilleures que prévues pour financer la dépense publique.Mais cette méthode ne convient pas à tout le monde. À commencer par le président de la commission des finances Éric Woerth qui dénonce une "euphorie dépensière", et s’inquiète de la dérive des comptes publics ainsi que du peu d’attention, portée à ces questions.

D’autant que ce budget compte deux cases encore vides qui pèsent plusieurs milliards d’euros : le futur revenu d’engagement pour les jeunes et le plan d’investissement censé préparer la "France de 2030", dont les contours et le montant n’ont pas encore été dévoilés. Le gouvernement les ajoutera par amendements au cours des débats parlementaires, vers la mi-octobre.

Un calendrier bousculé qui a fortement contrarié le Haut Conseil des finances publiques. Chargé d’approuver la trajectoire macroéconomique du gouvernement il a dénoncé ce mercredi un budget incomplet, qui l'empêche de rendre un avis "pleinement éclairé". "Le Haut Conseil regrette ces conditions de saisine", indique-t-il dans son avis, ajoutant qu'il "n'est pas à ce stade en mesure de se prononcer sur la plausibilité de la prévision de déficit pour 2022 (-4,8 points de PIB)". C'est la première fois depuis 2016, et le dernier budget du quinquennat de François Hollande, que le HCFP est aussi sévère avec un projet de loi de finances.

Alors que contient le projet de budget 2022 présenté ce mercredi ? En matière de déficits et dettes publics, où en est la France face à ses voisins ? Que se passe-t-il en Allemagne où l’inflation a encore accéléré sur le mois d’août, atteignant + 3,9 % en rythme annuel, son niveau le plus élevé depuis près de 30 ans ? Olli Rehn, l'un des membres du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) a estimé récemment que les États de la zone euro doivent se préparer à la remontée des taux d'intérêt. Quelles en seraient les conséquences ? Enfin pourquoi les États-Unis sont-ils sous la menace d’un défaut de paiement ?   Invité(e)s :   - Sophie Fay, journaliste à l'Obs

- Philippe Dessertine, directeur de l’Institut de Haute finance

- Sylvie Matelly, économiste, directrice adjointe de l'IRIS (Institut de Relations Internationales et Stratégiques)
 
- Gaëlle Macke, directrice déléguée de la rédaction chez Challenges
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