Gaz : qui peut freiner la flambée ? La vidéo n'est pas disponible

présenté par : Caroline Roux, Axel de Tarlé

Les prix du gaz flambent et ce n’est pas près de s’arrêter. Les abonnés aux tarifs règlementés subiront en effet dès le 1er octobre une hausse de 12,6 %. Une augmentation historique selon la Commission de régulation de l’énergie (CRE)  alors que ces mêmes TRVG avaient déjà bondi de 8 % le mois dernier, 5 % en août, 10 % en juillet… De quoi porter l’ensemble de la hausse depuis le début de l’année à + 59 % ! "Cette évolution résulte de la hausse, historique, des prix du gaz sur le marché mondial qui se répercute sur les coûts d’approvisionnement du fournisseur de gaz Engie", explique le gendarme de l’énergie. Les cours ont en effet flambé de plus de 300 % depuis le début de l’année. "La France ne dispose pas de gaz sur son territoire et elle importe 99 % de sa consommation de gaz naturel". "Elle est donc exposée, comme le reste de l’Europe, aux variations des prix de marchés européens et mondiaux" souligne la Commission.   Mais pourquoi une telle flambée ? Avec la forte reprise économique post-Covid dans le monde, et en particulier en Asie, la demande en gaz a très fortement augmenté, mais en face l'offre ne suit pas. La Russie, la Norvège, et l’Algérie, principaux pays producteurs, ne parviennent pas à augmenter leur livraison. Un mécanisme d'offre insuffisante et de demande croissante qui fait monter les prix avec à l’arrivée une facture à la hausse pour les trois millions de Français qui ont choisi les tarifs réglementés. Mais tous seront impactés à un moment ou un autre par l’inflation. D’autant que l’influence des prix du gaz ne s’arrête malheureusement pas là. Au niveau européen, ceux de l’électricité s’en trouvent également mécaniquement fortement impactés. L’association UFC-Que choisir y est allé de ses calculs : les prix de l’électricité devraient, selon elle, bondir de + 10 % dès le mois de janvier prochain. Des augmentations des prix de l’énergie qui vont impacter le pouvoir d’achat des Français et vont "probablement encore durer quelques mois", a averti de son côté le ministre de l’Économie. Alors en cette rentrée, le sujet est sensible et il est suivi de près par l’exécutif. Le gouvernement a déjà annoncé un chèque exceptionnel de 100 euros en décembre pour six millions de ménages modestes. Mais il réfléchirait à de nouveaux dispositifs d’aide. "Je ne veux pas rentrer dans les détails mais on travaille à des mesures supplémentaires", a déclaré ce mercredi sur Europe 1 son porte-parole Gabriel Attal alors que le sujet suscite ces derniers jours de nombreuses réactions dans la classe politique. "Ce qu’il y a de plus scandaleux dans les augmentations folles des prix de l’essence, du gaz, de l’électricité, c’est que grâce aux taxes et à la TVA sur les taxes, plus les Français étouffent, plus l’État s’enrichit", a dénoncé sur Twitter la candidate du RN à la présidentielle Marine Le Pen. "C’est une bombe sociale à retardement qui va venir très rapidement, comme les gilets jaunes. C’est plus violent que les gilets jaunes, car cette hausse est bien supérieure à celle de la taxe carbone", a de son côté mis en garde sur France 2 l’ancienne candidate socialiste Ségolène Royal. Selon elle, trois décisions sont à prendre : "baisser les taxes" sur l’énergie, "limiter les marges des distributeurs" et "rétablir le tarif social de l’énergie".   Sujet central, la question des prix de l’énergie a souvent permis d’agréger les mécontentements au-delà des clivages politiques comme on l’a vu par le passé avec le mouvement des gilets jaunes ou des bonnets rouges. Pour autant certains chez les Verts, comme la candidate à la primaire écologiste Sandrine Rousseau, prônent pour une augmentation du prix de l’essence de "6 à 10 centimes par an, et ce, pendant tout le mandat" car "c’est ce qui pollue, ce qui nous met en danger". "Je sais que ce n’est pas facile à entendre et je voudrais dire aux Français et Françaises qui m’écoutent, et qui s’inquiètent de cette mesure : c’est précisément la raison pour laquelle nous mettons en place un revenu d’existence et qu’il nous faut aussi une politique de 'démobilité' et de changement de voiture. Et pour tout cela, je m’engage à les accompagner", avait détaillé la candidate la semaine dernière. Les résultats de la primaire écologiste seront connus ce soir.   Alors que penser de cette flambée des prix du gaz ? Comment faire baisser les factures d’énergie ? Comment font nos voisins européens ?   Invités :   - Françoise Fressoz, éditorialiste politique - Le Monde - Emmanuel Duteil, rédacteur en chef du service économique et social – Europe 1, animateur La France bouge - Erwan Benezet, journaliste en charge de l’énergie – Le Parisien – Aujourd’hui en France  - Jean Viard, sociologue et auteur de "La révolution que l’on attendait est arrivée"
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