Zemmour : le choc des sondages La vidéo n'est pas disponible

présenté par : Caroline Roux, Axel de Tarlé

Ce n'est qu'une photographie de l'opinion publique réalisée à sept mois de l’élection présidentielle, mais ses résultats fo nt réagir. Selon le dernier sondage Harris Interactive pour Challenges, publié mardi, Emmanuel Macron resterait largement en tête des intentions de vote pour le premier tour, avec entre 23 % et 26 % selon les différentes configurations testées, mais derrière les écarts se resserreraient entre les candidats potentiels ou déclarés. Marine Le Pen, son adversaire du second tour en 2017, serait désormais créditée de 16 % des intentions de vote, contre 24 % un mois plus tôt. La candidate du Rassemblement national ne compterait plus que deux à trois points d’avance sur le trio Xavier Bertrand (14%) -Jean-Luc Mélenchon (13%) - Éric Zemmour (13%). Soit à peu près la marge d’erreur des instituts de sondage. La dégringolade se poursuit pour l’ancienne présidente du RN et du FN qui a vu une partie importante de son électorat captée ces dernières semaines par la potentielle candidature du polémiste d’extrême droite Éric Zemmour. L’essayiste, condamné pour incitation à la haine raciale et renvoyé seize fois devant les tribunaux pour ses propos, multiplie depuis la rentrée les interventions médiatiques pour exposer sa vision politique basée sur la dénonciation de l'immigration, et engrange des points. Ainsi seuls 66 % des électeurs de Marine Le Pen au 1er tour de l’élection de 2017 déclareraient voter pour elle, en avril prochain. Fin août, ils étaient 91 %. Et elle ne bénéficierait plus de l’électorat de François Fillon de 2017 (2 % d’entre eux voteraient encore pour elle). Alors pour tenter de reprendre la main, Marine Le Pen a présenté hier son projet de loi "Citoyenneté, Identité et immigration". Ce dispositif qui s'articule entre un référendum et une batterie d'ordonnances, comporte, pêle-mêle, la volonté d'appliquer la priorité nationale au logement, à l'emploi, à réserver les allocations familiales et certaines fonctions publiques aux Français, d'extra-territorialiser les demandes d'asile, de faciliter les expulsions, de mettre fin au regroupement familial, d'abolir le droit du sol ou de déchoir de la nationalité française les binationaux et les personnes naturalisées condamnés pour crimes graves ou atteintes aux intérêts de la nation. Exit donc " le pouvoir d’achat " et retour aux fondamentaux du RN et du FN pour Marine Le Pen à l’heure où à sa droite Éric Zemmour marche sur ses plates-bandes et multiplie les attaques contre le parti Les Républicains qui n’a pas encore désigné son candidat pour la présidentielle. En effet si Xavier Bertrand arriverait en tête des candidats de droite dans ce dernier sondage (14%), devant Valérie Pécresse (12%) ou Michel Barnier (8%), il faudra attendre le vote des militants LR lors du congrès du parti le 4 décembre prochain pour connaître le nom de leur candidat. Alors en attendant, plusieurs élus LR ont décidé de passer à l’offensive. Le chef de file des députés LR, Damien Abad, a ainsi proposé au polémiste de débattre.  Car, explique-t-il dans un communiqué, " Si Eric Zemmour se rêve en tsunami populiste, Les Républicains seront une digue infranchissable. La France n’a rien à voir avec le pétainisme ou l’extrême droite ", " les Français ont droit à un débat éclairé pour comprendre ce qui différencie la droite républicaine d’Éric Zemmour ". Enfin à gauche, Jean-Luc Mélenchon, qui a débattu jeudi dernier à la télévision avec Éric Zemmour, gagne lui aussi deux points. Crédité désormais de 13 % des intentions de vote, le leader de la France Insoumise creuse l’écart avec les autres candidats lancés depuis peu dans la campagne. Anne Hidalgo recueillerait 7 % des intentions de votes et Yannick Jadot, tout juste désigné candidat par Europe Ecologie Les Verts (EELV), 6 %.   Invités :   - Dominique Reynié, directeur général de Fondapol, la Fondation pour l’innovation politique. - Cécile Cornudet, éditorialiste politique - Les Echos - Aurélie Herbemont, journaliste politique – RTL  - Jean-Daniel Lévy, directeur du département Politique et Opinion de l’Institut Harris
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