France/Algérie : les nerfs à vif La vidéo n'est pas disponible

présenté par : Caroline Roux, Axel de Tarlé

Après les tensions, place à l’"apaisement". C'est du moins le message qu'a cherché à faire passer Emmanuel Macron ce mardi matin au cours d'un entretien diffusé sur France Inter. Le président de la République a évoqué son "grand respect pour le peuple algérien", ses "relations cordiales" avec son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune et a appelé les deux pays à "cheminer ensemble", alors que des propos critiques qu’il aurait émis la semaine dernière ont provoqué la colère de l'autre côté de la Méditerranée.

D’après le Monde, le locataire de l’Élysée aurait accusé le "système politico-militaire" algérien, "fatigué" et fragilisé par le Hirak, d’entretenir une "rente mémorielle" sur la guerre d’Algérie. Il se serait également interrogé sur le fait de savoir s’il y avait une nation algérienne avant la colonisation et se serait dit "fasciné de voir la capacité qu'a la Turquie à faire totalement oublier le rôle qu'elle a joué en Algérie et la domination qu'elle a exercée", en allusion à l'Empire ottoman. Il aurait également déclaré que les restrictions de visas visaient surtout les dirigeants algériens. De quoi énerver Alger qui a, dans la foulée, rappelé son ambassadeur à Paris et interdit le survol de son espace aérien aux avions militaires français participant à l’opération "Barkhane", au Mali.

"Mon souhait, c'est qu'il y ait un apaisement parce que je pense que c'est mieux de se parler, d'avancer. Il y a sans doute des désaccords mais la vie, c'est fait pour parler des désaccords et aussi les partager", a déclaré ce mardi le chef de l'État. "Il y aura immanquablement d'autres tensions mais je pense que mon devoir c'est d'essayer de faire cheminer ce travail", a-t-il ajouté.

Premier président de la République française, né après la guerre d’Algérie, Emmanuel Macron a lancé depuis le début de son mandat un travail de mémoire inédit sur cette guerre, souvenir encore douloureux pour des millions de Français, dont de nombreux d’origine algérienne. Le rapport de l’historien Benjamin Stora, remis en janvier dernier, préconisant une série d' "actes symboliques" mais "ni excuse ni repentance", devait ouvrir un dialogue, mais il n’a pas été forcément bien accueilli en Algérie. "Beaucoup de gens ont insulté, parfois menacé Benjamin Stora suite à ce rapport. On ne va pas faire comme si cela n’était rien" a affirmé Emmanuel Macron. Toutefois ce travail mémoriel, "c’est d’abord un problème franco-français. On doit continuer à faire ce travail avec beaucoup d’humilité, avec beaucoup de respect" a-t-il souligné.

Ces déclarations du chef de l’État surviennent alors que les sujets de contentieux se sont accumulés depuis un an avec l’Algérie. L'un des derniers en date étant l’annonce dernièrement par Paris d’une réduction drastique du nombre de visas accordés aux ressortissants algériens, tunisiens et marocains pour protester contre le "refus" de ces pays de délivrer des laissez-passer consulaires nécessaires à leurs ressortissants expulsés de France.

Alors comment expliquer les nouvelles tensions entre Paris et Alger ? Et que se passe-t-il entre le Maroc et l’Algérie ? Jusqu’où l’escalade peut-elle aller ?   Invités :   - Pascal Boniface, directeur de l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques  - Hasni Abidi, politologue-spécialiste du monde arabe - Meriem Amelal, journaliste - France 24 - Neïla Latrous, journaliste politique - France Info
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