Une 3e dose ... ou une 5e vague ? La vidéo n'est pas disponible

présenté par : Caroline Roux, Axel de Tarlé

Envoyer un “signal”. C’est le souhait du ministre de la Santé Olivier Véran qui a reçu hier une troisième dose de vaccin co ntre le Covid-19. “J’en ai profité pour faire dans le même mouvement et dans l’autre bras la vaccination contre la grippe”, a précisé le ministre, qui entend donner l’exemple alors que la campagne de rappel patine. Pour l’heure, environ 2,5 millions de personnes sur les 6,8 millions pouvant y prétendre ont effectué leur rappel vaccinal, six mois après leur dernière injection. Cela concerne pour le moment les personnes de plus de 65 ans, celles atteintes de maladies graves, de comorbidités ou immunodéprimées ainsi que le personnel soignant.

"Ça ne suffit pas" mais "ça monte", a souligné le ministre, évoquant le rythme actuel de "100.000 doses de rappel par jour" et l’augmentation des prises de rendez-vous. Depuis plusieurs jours, ministre et épidémiologistes appellent les Français éligibles à effectuer leur rappel vaccinal alors que les chiffres de l’épidémie repartent légèrement à la hausse en France et que les premières études confirment une baisse de l'immunité au bout de six mois. Le gouvernement réfléchit également à d’autres moyens pour accélérer la campagne, dont notamment la possibilité de conditionner la validité du pass sanitaire à l'injection de la dose de rappel. "C’est une piste qui fait son chemin (…) aucune décision n’est prise à ce stade, c’est la recommandation des autorités sanitaires" qui la guidera, a expliqué le porte-parole du gouvernement. Selon le ministre de la Santé, qui a sollicité sur ce point la Haute Autorité de santé, le comité d’orientation pour la stratégie vaccinale et le Conseil scientifique, les avis devraient parvenir "dans quelques jours".

Plusieurs pays conditionnent déjà la validité du pass sanitaire à la réalisation d'une troisième dose, comme le Maroc et Israël. Dans l’État Hébreu, le gouvernement est d’ailleurs allé plus loin puisqu’il l’a étendu à toutes les personnes de plus de 12 ans. En Chine, plusieurs provinces ont également mis en place une campagne de rappel pour la population âgée de plus de 18 ans et déjà totalement vaccinée depuis au moins six mois. Aux États-Unis, où la campagne de rappel a été lancée fin septembre, une autre étape pourrait être franchie prochainement : celle de l’ouverture de la vaccination aux enfants de 5 à 12 ans. Sauf coup de théâtre, elle devrait être recommandée par les autorités sanitaires américaines dès la semaine prochaine. Une décision qui entraînerait la vaccination de 28 millions d'Américains et sera scrutée. Car si de nombreux pays vaccinent déjà les adolescents à partir de 12 ans, très peu le font en-dessous de cet âge.

Quelles questions cela pose ? “La vraie question, c'est le bénéfice-risque”, explique le professeur Arnaud Fontanet, épidémiologiste à l'Institut Pasteur et membre du Conseil scientifique qui guide le gouvernement français. Aux États-Unis, cette balance semble pencher du côté de la vaccination, selon lui : “Le risque d'hospitalisation pour un enfant infecté y est 10 fois plus élevé que pour un enfant d'Europe occidentale”, en raison de facteurs aggravants répandus dans la population américaine (surpoids, obésité, diabète...).

Mais cette décision pourrait-elle se généraliser ? La France pourrait-elle emboîter le pas des États-Unis alors que l'on observe un regain des cas quotidiens ? La troisième dose vaccin sera-t-elle bientôt intégrée au pass sanitaire ? Enfin que se passe-t-il au sein de l’hôpital public ? Selon une étude menée par le président du Conseil scientifique et du Comité consultatif national d’éthique, Jean-François Delfraissy, un lit sur cinq est aujourd'hui fermé dans les CHU et CHR de France, faute de personnel. Absentéisme en hausse, démissions…Toutes les régions et tous les services sont touchés précise le document. Une situation inédite qui inquiète les soignants et le ministre de la Santé.     Invités :   - Dr. Jean-Paul Hamon, président d’honneur de la Fédération des Médecins de France - Benjamin Davido, infectiologue, directeur médical de la crise du Covid-19 - Hôpital Raymond-Poincaré - Caroline Tourbe, journaliste sciences et médecine – Le Point - Pr. Bertrand Guidet, chef du service de réanimation - Hôpital Saint-Antoine - Pr. Philippe Amouyel, épidémiologiste et professeur de santé publique - Université de Lille
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