Afghanistan : un peuple en enfer La vidéo n'est pas disponible

présenté par : Caroline Roux, Axel de Tarlé

Deux mois et demi après le retour au pouvoir des Talibans en Afghanistan, les signaux alarmants ne cessent de s’accumuler. Les décennies de guerre, les catastrophes climatiques à répétition dont actuellement une sécheresse aiguë, ont produit ce qui est déjà l’une des pires crises humanitaires au monde. Les produits alimentaires de plus en plus rares sont devenus hors de prix et les témoignages s’accumulent de familles contraintes de vendre leurs biens, et même, dans les cas les plus désespérés, leurs bébés pour tenter de survivre. Selon un rapport de l’Organisation des Nations unies, environ 20 millions de personnes sont menacées de famine dans le pays. Sans nourriture, sans emploi, sans protection de leurs droits, de plus en plus d’Afghans pourraient décider de fuir leur foyer en quête de sécurité et de stabilité, prévient également l’ONU. Une situation dramatique - renforcée par l’implosion de l’économie afghane, provoquée par la fin du financement de l’État par les États-Unis et le blocage par Washington et l’Europe des fonds de la Banque centrale afghane - qui place les Occidentaux face à un dilemme. Car si les talibans s’emploient toujours à briser l’isolement diplomatique et économique dont souffre leur pays, la communauté internationale hésite à venir au secours d’un régime qui ne reconnaît pas les règles élémentaires des droits humains. Plus inquiétant encore, les chancelleries constatent que le réseau Haqqani s’est imposé comme un acteur majeur du nouvel État afghan. Plusieurs membres de ce groupe, qualifié de terroriste par Washington et accusé d'être derrière les attaques les plus meurtrières en Afghanistan ces dernières années, jouent en effet un rôle central dans le nouveau pouvoir afghan. C’est le cas notamment de Sirajuddin Haqqani. Longtemps ennemi numéro un de l’armée américaine, il est aujourd’hui un ministre de l’Intérieur très puissant et n’aurait rien abandonné de ses hostilités. Le 18 octobre dernier, dans les salons d’un grand hôtel de la capitale afghane, l’Intercontinental, théâtre en 2018 d’une attaque terroriste meurtrière menée par des membres du réseau Haqqani, il aurait fait l’éloge des kamikazes à l’origine des attentats commis contre l’ancien régime ainsi que les forces de l’OTAN, et promis aux familles de ces "martyrs" 100 euros, des vêtements et des terres. Très éduqué, anglophone et historiquement lié aux services secrets militaires pakistanais, l’homme inquiète les services de renseignement occidentaux. D’autant qu’il pèserait, dans l’ombre, sur le pouvoir du "leader suprême" des Talibans, le mollah Haibatullah Akhundzada. Ce dernier, dans une rare intervention, vient d’ailleurs de lancer une traque aux infiltrés dans ses rangs, après une série d’attaques sanglantes revendiquées par la branche afghane de l’État islamique. Mardi, au moins 19 personnes sont mortes dans une attaque de l’EI-K contre l’hôpital militaire de Kaboul, dont le chef des forces militaires talibanes de la capitale et membre du réseau Haqqani, le commandant Hamdullah Mokhlis. Alors quelle est la situation en Afghanistan ? Que doit faire la communauté internationale ? Qui sont les Haqqani ? Proche d’Al-Qaïda et de l’armée pakistanaise, le clan a-t-il pris les manettes du pouvoir ? Enfin, que se passe-t-il au Mali ? Comment la force française Barkhane se retire-t-elle du nord du pays ?   Invités :   - Pascal Boniface, directeur de l’IRIS, institut de Relations Internationales et Stratégiques - Wassim Nasr, journaliste spécialiste des mouvements djihadistes - France 24 - Emmanuel Duparcq, journaliste - Ancien chef du bureau en Afghanistan – AFP - Nicole Bacharan, politologue, spécialiste des États-Unis
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