500 000 morts cet hiver… l’Europe en alerte La vidéo n'est pas disponible

présenté par : Caroline Roux, Axel de Tarlé

La reprise épidémique se confirme en Europe et l'OMS tire la sonnette d’alarme : le rythme "très préoccupant" de transmissi on du virus sur le Vieux continent pourrait causer 500 000 morts supplémentaires du Covid-19 d’ici février si aucune mesure n’est prise pour enrayer ce rebond. "Nous sommes, de nouveau, à l'épicentre", a déploré jeudi le directeur de l'OMS Europe, Hans Kluge.

Une situation qui est due notamment à une flambée depuis plusieurs semaines des contaminations à l’est où la couverture vaccinale est faible et plusieurs pays sont déjà en très grande difficulté à l’instar de la Roumanie et de l’Ukraine. La Russie enregistre, elle aussi, de nouveaux records de décès comme d'infections, avec plus de 1800 morts chaque jour. Mais ces chiffres officiels sont largement sous-estimés de l'aveu même du Kremlin qui accuse la population de ne pas se faire assez vacciner.

À l’ouest, si la situation est pour l’instant moins dramatique, le rebond épidémique inquiète également, avec une remontée en flèche des cas notamment en Allemagne où le taux de vaccination stagne sous le seuil des 70 %, et les autorités appellent la population à se mobiliser pour enrayer une épidémie massive de non-vaccinés. Aux Pays-Bas, confrontés à une hausse spectaculaire des cas, le Premier ministre vient d’annoncer une série de mesures restrictives, comme le retour de l'obligation du port du masque dans les établissements publics fermés et de la règle de distanciation sociale d'un mètre et demi.

En France, où près de 10 000 nouveaux cas de Covid-19 ont été enregistrés en 24 heures par Santé Publique France, soit deux fois plus qu'il y a trois semaines, c’est également le temps des mesures. Ainsi le port du masque à l’école primaire est de nouveau obligatoire depuis ce lundi dans 39 départements et l’on attend la prise de parole d’Emmanuel Macron mardi soir. Le chef de l’Etat abordera la crise sanitaire avec sans doute l'objectif de donner un coup de fouet à la campagne vaccinale qui patine depuis la rentrée. L'une des pistes étudiées serait une troisième dose généralisée à tous car les études montrent que l'efficacité du vaccin diminue après six mois. Or pour l’instant, moins de la moitié des personnes éligibles- les plus de 65 ans, les plus fragiles et les soignants - ont reçu cette dose de rappel. En réponse, l'exécutif envisagerait le conditionnement du pass sanitaire à une troisième dose. En déplacement vendredi à Montpellier, le Premier ministre Jean Castex a confirmé réfléchir à cette piste et a promis une "réponse bientôt".

En attendant, on rouvre dans le pays des centres de vaccination et on scrute l’évolution de la situation dans les hôpitaux. Dimanche, il y a eu 275 nouveaux patients selon le site Covid Tracker, soit 12 % de plus que la semaine dernière. Pour le moment, les hôpitaux ne sont pas saturés, mais le gouvernement et les personnels soignants suivent de très près l’évolution de la situation alors qu’une enquête conduite à l'initiative du Conseil scientifique début du mois d'octobre a livré un constat alarmant : près de 20 % des lits seraient actuellement fermés dans les CHU et les CHR en raison d'une pénurie de personnel. La Fédération hospitalière de France estime de son côté que 6 % seraient en réalité aujourd’hui fermés.   Invités :   - Vincent Maréchal , professeur de virologie - Sorbonne Université - Anne-Claude Crémieux, professeure en maladies infectieuses - Hôpital Saint-Louis, membre de l’Académie de médecine - Nicolas Berrod, journaliste - Le Parisien - Sophie Aurenche, journaliste- RTL - Antoine Flahault (en duplex de Genève) - Épidémiologiste, directeur de l'Institut de santé globale de l'Université de Genève  
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