Passe vaccinal : les oppositions se rebiffent ! La vidéo n'est pas disponible

présenté par : Caroline Roux, Axel de Tarlé

Coup de Jarnac ou coup du rideau des députés LR pour les uns, coup de théâtre ou coup dur pour la majorité pour les autres… L’examen du projet de loi sur le passe vaccinal a été suspendu à la surprise générale lundi à minuit à l’Assemblée nationale. Les élus Les Républicains ont mis en minorité les macronistes dans l’hémicycle, non pas sur le fond du texte mais lors d’un vote à main levée sur la poursuite de la séance.

Ce n’est pas la première fois que les marcheurs se font prendre en défaut de mobilisation, néanmoins cette situation rarissime a provoqué la joie des députés de l’opposition, en particulier sur les bancs des Républicains tandis que la majorité interpellait la présidente de la séance, à l’image du ministre de la Santé Olivier Véran. Ce dernier avait sollicité l’accord de l’Hémicycle pour poursuivre les débats après l’heure normale de clôture de l’Assemblée prévue à minuit. "On a la nuit devant nous", avait-il prévenu préalablement. Jusque-là, les débats autour du projet de loi transformant le passe sanitaire en passe vaccinal, étaient vifs en raison de l’hostilité des députés de plusieurs groupes politiques.

“On échappe à la nuit blanche. Véran reçoit une correction”, a tweeté le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon. “C’est un camouflet pour le gouvernement. Le gouvernement nous disait qu’il fallait marcher ou mourir (…) Là le gouvernement se retrouve embourbé (…) et lâché par une partie de sa majorité”, a estimé le député LR Julien Aubert.

De son côté, la présidente LREM de la commission des lois, Yaël Braun-Pivet a dénoncé “des oppositions qui, sur force plateaux TV et tweets, nous disent qu’elles sont favorables au passe vaccinal et soutiennent ce projet de loi et qui dans l’hémicycle, ont fait complètement l’inverse, ont joué l’obstruction et ont voté de façon massive pour que les débats cessent”.
Dans le viseur de la majorité : l’attitude des élus LR dont la candidate à l’élection présidentielle Valérie Pécresse est favorable au passe vaccinal et la majorité des députés ont dit qu’ils voteraient pour.
Mais au sein du groupe il y a des désaccords de fond, notamment sur le passe pour les 12-17 ans, et de forme aussi. Ce débat en pleine nuit est dénoncé comme un passage en force. Enfin, il y avait là l’occasion de mettre en difficulté le gouvernement en pleine campagne présidentielle.

Alors désormais que va-t-il se passer ? L’entrée en vigueur du passe vaccinal, prévue au 15 janvier, va-t-elle être retardée ? Le gouvernement vise un calendrier “au plus près de ce qui était prévu” a réagi ce mardi le porte-parole Gabriel Attal.  Mais “on a vu hier soir une forme d'amicale de l'irresponsabilité se constituer avec les députés de la France insoumise, du Rassemblement national et de LR pour faire un coup de procédure pour faire dérailler l'adoption du passe vaccinal” a-t-il affirmé, avant d’appeler Valérie Pécresse à “clarifier sa position” : “soit elle a menti en disant qu’elle soutenait le passe vaccinal (...), soit elle disait la vérité (...), mais à ce moment-là, ses troupes ne la suivent pas”.

Une question qui n’a pas manqué de s’imposer lors de l’inauguration du QG de campagne de la candidate, et de la présentation de son équipe, ce mardi dans le XVIIe arrondissement de Paris. Le patronne de la région Île-de-France s’est retrouvée dans l’obligation de justifier les agissements de ses troupes : “Nous avons aujourd’hui un grand rassemblement de sensibilités autour de moi. Quand on a un tel rassemblement, tout le monde ne pense pas la même chose”, a expliqué Valérie Pécresse. “Notre position, la mienne, est simple. Nous critiquons l’impréparation et l’improvisation de ce gouvernement, face à la crise. (...) Nous critiquons aussi un texte qui est mal ficelé et qui sera amendé au Sénat, où nous sommes majoritaires”, a-t-elle d’abord détaillé, avant de préciser : “oui, il y a des critiques mais nous sommes aussi un parti en responsabilité, et en responsabilité, nous ne nous opposerons pas à ce texte.”

Alors que s'est-il passé cette nuit à l’Assemblée ? Quelles en seront les conséquences ?     Invités :   - Bruno Jeudy, rédacteur en chef du service politique - Paris Match   - Nathalie Saint-Cricq, éditorialiste politique – France Télévisions   - Pascal Perrineau, politologue, professeur des universités à Sciences Po et auteur de Le populisme   - Nicolas Chapuis, directeur de la rédaction - Le Monde
Télécharger l'application France tv