Covid : pourquoi le gouvernement desserre l’étau La vidéo n'est pas disponible

présenté par : Caroline Roux, Axel de Tarlé

Bientôt le bout du tunnel ? Après Boris Johnson outre-Manche, Jean Castex a dévoilé hier soir un calendrier de la levée pro gressive des restrictions sanitaire étant donné que "la situation commence à évoluer favorablement". Ainsi dans quinze jours fini les masques en extérieur, l’obligation de télétravail trois jours par semaine et des jauges dans les lieux accueillant du public. Et à partir du 16 février, ce sera la réouverture des discothèques et la reprise des concerts debout. Il sera également de nouveau possible de consommer debout dans les bars, de manger dans les cinémas, les stades et les transports.

Omicron plus contagieux mais "moins dangereux" permet selon le Premier ministre de desserrer l’étau en s’appuyant sur le passe vaccinal qui entrera en vigueur lundi pour les personnes de 16 ans et plus, sous réserve de l'avis du Conseil constitutionnel qui est attendu ce vendredi.

Un argumentaire et un calendrier qui n’ont néanmoins pas convaincu l’opposition à moins de trois mois de l'élection présidentielle. "C’est l’absurdistan" a lancé Marine Le Pen (RN). "Quelle gestion chaotique ! […] Le gouvernement, dans sa méthode, fait n’importe quoi et les Français sont perdus" a estimé Anne Hidalgo (PS), dénonçant "un calendrier politique". Quand du côté des Verts, Julien Bayou s’interroge sur la stratégie du gouvernement : "On nous disait qu’Emmanuel Macron décidait en fonction des recommandations du Conseil scientifique, je n’ai pas cru comprendre qu’il recommandait de relâcher les efforts. Il y a un côté paradoxal : un passe vaccinal très contraignant est censé entrer en vigueur au moment même où on nous annonce un relâchement des contraintes. Je ne comprends pas très bien".

Du côté des professionnels de santé certains font part également de leur incompréhension et de leurs inquiétudes alors que les hospitalisations et les contaminations pour Covid-19 sont toujours en hausse. D'après les chiffres de Santé publique France, publiés jeudi, 27 931 personnes sont hospitalisées à cause du coronavirus (+ 701 en 24h), dont 3 842 en réanimation (-10 par rapport à mercredi). 245 personnes sont également décédées ces dernières 24 heures, ce qui porte le bilan à 100 815 morts du Covid-19 à l'hôpital en France depuis le début de la pandémie. L’épidémie est "loin d’être terminée" a également averti le patron de l’OMS ces derniers jours, mettant en garde contre l’idée que le variant Omicron est bénin et rappelant qu’il est "probable que de nouveaux variants apparaissent".

Néanmoins, parallèlement la science avance et il y a des raisons d’être optimistes. Ainsi des chercheurs travaillant à l’Institut Imagine (hôpital Necker-Enfants malades AP-HP) ont identifié les premières causes génétiques et immunologiques expliquant 15 % des forme graves de Covid-19 : un défaut d’activité des interférons de type 1 qui ont une puissante activité antivirale. Cette découverte pourrait permettre à l’avenir de détecter les patients à risques pour améliorer leur prise en charge.   Les invités
- Éve Roger, directrice adjointe de la rédaction - Le Parisien - Aujourd’hui en France
- Nathalie Mauret, journaliste politique - Groupe de presse régionale Ebra
- Pr. Vincent Maréchal, professeur de virologie - Sorbonne Université, co-fondateur du réseau "Obépine"   - Pr. Bertrand Guidet, chef du service de réanimation - Hôpital Saint-Antoine
- Antoine Flahaut, épidémiologiste, auteur de "Covid, le bal masqué".
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