Ukraine, Chine : alerte à l’inflation La vidéo n'est pas disponible

présenté par : Caroline Roux, Axel de Tarlé

Après un rebond en 2021, l'horizon s'assombrit pour l’économie française. Selon les chiffres publiés par l'Insee la semaine dernière, le produit intérieur brut (PIB) a fait du surplace au premier trimestre 2022, enregistrant une croissance de 0%. Dans le même temps, les prix continuent de s’envoler, dopés par l’épidémie de Covid en Asie et la guerre en Ukraine. En avril, l'inflation atteint 4,8% sur un an, d'après l'office statistique, du jamais vu depuis novembre 1985. Chez nos voisins, cet indicateur est même encore plus élevé. Ce mercredi, l'OCDE a indiqué que l'inflation de ses pays membres (essentiellement Europe occidentale et Amérique du nord) s'y élevait à 8,8% en mars 2022, en particulier portée par les prix de l'énergie.

Mais outre les factures de gaz et d’électricité, les tickets de caisse des supermarchés suivent les mêmes tendances. Et c’est loin d’être terminé. D’après Dominique Schelcher, président des systèmes U, l’inflation "pourrait atteindre 7%, 8% voire 10%" en France, prévient-il dans les colonnes du Parisien. Est-ce un scénario réaliste ? Quand cette hausse des prix va-t-elle se calmer ?

Pour tenter d’éteindre l’inflation record aux États-Unis depuis quarante ans, la FED, la Banque centrale américaine, vient de décider d’augmenter ses taux directeurs d’un demi-point, du jamais vu depuis 2000. Et le Comité de politique monétaire (FOMC) de la Fed estime que "d'autres hausses seront justifiées", d'autant que la guerre en Ukraine et les nouveaux confinements en Chine toujours engagée dans une stratégie "zéro Covid" aggravent la pression sur les prix et les problèmes de logistique.
Avec des chaînes d’approvisionnement rompues, une activité ralentie, des effectifs en baisse, la politique chinoise draconienne en matière de lutte contre le Covid menace l’économie mondiale et fait perdre à l’empire du Milieu "beaucoup de son attrait" pour de nombreuses entreprises européennes, selon une étude publiée jeudi. Dans ce contexte, certaines entreprises françaises font le choix de la relocalisation, d’autres implantées également dans l’Hexagone tentent de tirer leur épingle du jeu. C’est le cas notamment de la société Soitec à Bernin, spécialisée dans les matériaux semi-conducteurs et qui a décidé d’élargir sa gamme de produits.

Alors jusqu’où peut aller la hausse des prix ?  Comment interpréter cette hausse des taux d’intérêt décidée par la FED ? Quelles conséquences pour l’Europe ? Pourquoi la Deutsche Bank prédit-elle "une récession majeure" aux États-Unis ? Et que se passe-t-il en Chine ? Pourquoi la stratégie "zéro Covid" menace-t-elle l’économie mondiale ?   Invités :   - Philippe Dessertine, directeur de l’Institut de Haute finance, auteur de "Le grand basculement"
- Anne-Sophie Alsif, cheffe économiste chez BDO France, un cabinet d'analyse économie
- Stéphanie Villers, économiste, spécialiste de l’Europe
- Pierre Haski, chroniqueur international - France Inter et L’Obs
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