Sécheresse : la guerre du blé a commencé La vidéo n'est pas disponible

présenté par : Caroline Roux, Axel de Tarlé

51 °C au Pakistan, 46 °C en Inde ce week-end, d’importantes tempêtes de sable au Moyen-Orient et en France, des chaleurs ex traordinaires avec des températures de 30 °C un peu partout voire des pics à 35 °C par endroit. Ce mois de mai 2022 fonce vers des records de chaleur et la sécheresse continue de gagner du terrain dans le pays. Depuis le début d'année, le constat est sans appel dans l’Hexagone : le déficit de pluie atteint - 41 % en janvier, - 38 % en février, - 38 % en mars et - 25 % en avril. Les conditions actuelles suivent le même scénario, avec de longues périodes chaudes et ensoleillées. Le cumul de pluie moyen sur l'ensemble du pays est d'ailleurs le plus faible depuis onze ans.

Une situation qui inquiète les agriculteurs français et place la lutte contre le changement climatique au cœur des débats en ce début de campagne des législatives. À peine nommée, la nouvelle Première ministre Elisabeth Borne a fait du "défi climatique et écologique sur lequel il faut agir plus vite et plus fort" l’une des priorités de son gouvernement. Lors de ce nouveau quinquennat, la France, condamnée récemment pour inaction climatique, semble donc vouloir mettre les bouchées doubles afin de respecter ses objectifs d'émissions de gaz à effet de serre.

Mais pour l’heure le programme de "planification écologique" de l’exécutif est encore vague et chez les associations de défense pour le climat, on se montre plutôt sceptique. La nomination d'Elisabeth Borne, qui n'a "pas brillé par des positions fortes et ambitieuses sur l'écologie", "n'augure guère d'espoir de voir la France opérer sa transition écologique comme l'urgence climatique l'y oblige", a ainsi commenté l'ONG Greenpeace alors que dans une tribune publiée le 8 mai par le Journal du dimanche, 17 personnalités issues de la société civile, dont Jean-Marc Jancovici, Cyril Dion, Camille Étienne, Boris Cyrulnik, ont invité le Président et l’ensemble de son futur gouvernement à suivre "une formation obligatoire de 20 heures aux enjeux écologiques".

De son côté, Jean-Luc Mélenchon qui a placé l’urgence climatique au cœur de son programme et rêve de s’installer à Matignon dans l’hypothèse d’une victoire de la Nupes en juin, met en garde : "la crise du cycle de l’eau a commencé (…) Il y a des mesures d’urgence à prendre d’abord pour les paysans et pour ce qui résulte de cette situation (céréales, productions, animaux…). Mais il nous faut aussi traiter d'urgence les mauvais usages de l'eau, son gaspillage et le cycle de l’eau car elle est de moins en moins potable".

Actuellement, 15 départements sont déjà soumis à des restrictions et un total de 48 arrêtés préfectoraux ont été pris. Néanmoins "la sécheresse aura un impact sur la production de céréales" et notamment de blé a prévenu lundi le ministère de l’Agriculture. Les agriculteurs des grandes plaines céréalières de Beauce et de Bourgogne craignent désormais de tout perdre à l’approche de la récolte annuelle prévue mi-juillet si le temps reste sec encore pendant plusieurs semaines.

Alors la chaleur va-t-elle durer ? Comment expliquer une telle situation en mai ? Le réchauffement climatique est-il déjà à l’œuvre ? Comment remédier à la crise de l'eau ? Avec la guerre en Ukraine, la sécheresse et l'embargo indien sur les exportations de blé, faut-il redouter une crise alimentaire ?   Invités :  - Frédéric Denhez, journaliste - Spécialiste des questions environnementales - Magali Reghezza-Zitt, géographe – Membre du Haut Conseil pour le Climat - Anne-Sophie Alsif, cheffe économiste BDO France - Cabinet d’analyse économique - Arnaud Gossement, avocat en droit de l’environnement - Professeur associé à Paris 1  
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