Faut-il encore parler à Poutine ? La vidéo n'est pas disponible

présenté par : Caroline Roux, Axel de Tarlé

La réplique était attendue. Moscou a annoncé mercredi l’expulsion de dizaines de diplomates européens en poste en Russie, e n représailles à celle, un mois et demi plus tôt, de diplomates russes par les capitales européennes. Au total, 27 diplomates espagnols, 24 diplomates italiens et 34 diplomates français doivent quitter le pays d’ici une à deux semaines. Ils sont déclarés "persona non grata" a indiqué la diplomatie russe dans un communiqué.   Le ministère français des Affaires étrangères a dénoncé la décision russe, sans "aucun fondement légitime". En avril, la France avait annoncé l'expulsion de 41 diplomates russes qui se livraient, selon elle, à des activités d'espionnage sous couvert de leur ambassade, précisant que la sanction s'inscrivait dans "une démarche européenne". À l'inverse, "le travail des diplomates et des personnels de notre ambassade en Russie s'inscrit pleinement dans le cadre de la convention de Vienne sur les relations diplomatiques et consulaires", a souligné le Quai d'Orsay.   De nombreux autres pays européens, comme l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, la Slovénie, l'Autriche, la Pologne, la Grèce ou la Croatie, ont massivement expulsé des diplomates russes depuis le début de l'offensive russe en Ukraine, le 24 février. Moscou avait promis de répondre à chacune de ces mesures et des dizaines de diplomates occidentaux ont déjà été expulsés de Russie.   Ces nouvelles représailles marquent-elles l’impasse du dialogue avec Poutine ? Malgré l'invasion de l'Ukraine par la Russie, et la découverte de charniers sur le front, le président de la République continue à s'entretenir avec son homologue du Kremlin. Le 3 mai dernier il s’est à nouveau entretenu par téléphone avec Vladimir Poutine. C’était le vingtième appel depuis décembre mais le premier depuis mars et la découverte du carnage de Boutcha qu'il a lui-même qualifié de "crime de guerre". Depuis Washington affirme qu’il faut arrêter de discuter avec "le criminel de guerre" Vladimir Poutine qui doit être déféré devant la justice internationale. D’autres dirigeants européens, à l’image de la France et de la l’Allemagne, continuent de parler au maître du Kremlin mais le maintien de ce dialogue par-dessus la guerre et ses atrocités soulève de nombreuses questions au sein de la communauté internationale... et même au sein de l’Europe. Ainsi la Première ministre estonienne a fait part la semaine dernière de son agacement face aux leaders européens qui continuent d'appeler Vladimir Poutine. "Il est un criminel de guerre. Si vous dîtes que les discussions ne produisent aucun résultat, alors pourquoi lui parler ? Je ne suis pas dans sa tête, mais si tout le monde l'appelle, il ne comprend pas qu'il est isolé. Si on veut lui faire passer le message, il ne faut pas l'appeler", a-t-elle affirmé.   Alors faut-il encore parler avec Vladimir Poutine ? Ou faut-il couper la ligne ? La question est relancée alors que sur le front les combats font toujours rage dans le Donbass et qu’à Kiev vient de s’ouvrir le premier procès pour crime de guerre depuis le début de la guerre. L’accusé, un soldat russe de 21 ans, est soupçonné d’avoir tué à coups d’une rafale d’AK-74 un commerçant poussant son vélo dans un village ukrainien près de Soumy, dans le nord-est du pays. L’homme est mort à quelques mètres de chez lui, il ne portait pas d’arme.     Invités :     - Pascal Boniface, directeur de l’IRIS - Institut de Relations Internationales et Stratégiques   - Pierre Haroche, chercheur en sécurité européenne - Institut de Recherche Stratégique de l’École Militaire   - Sylvie Bermann, ancienne ambassadrice de France en Russie   - Annie Daubenton, journaliste spécialiste de l’Ukraine et auteure de "Ukraine, l'indépendance à tout prix"
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