Émission du mercredi 29 juin 2022 La vidéo n'est pas disponible

présenté par : Caroline Roux

La guerre en Ukraine est ce mercredi au cœur du sommet de l'Otan à Madrid, où plus de 40 chefs d'Etat et de gouvernement so nt réunis pour discuter de l'avenir de l'Alliance atlantique, que Suède et Finlande vont pouvoir rejoindre. Il n’y a en effet plus d’obstacle désormais, la Turquie a levé son véto à l’ouverture du sommet. Jusque-là Ankara bloquait l'adhésion de Stockholm et d'Helsinki, car elle les accusait d'accueillir des militants de l'organisation kurde PKK, qu'elle considère comme "terroriste". Mais les deux capitales se sont engagées à coopérer avec Ankara.
Un accord salué par Emmanuel Macron qui ouvre la voie ces prochaines années à l’entrée de la Finlande dans l’OTAN, ce qui ne serait pas anodin pour l’Alliance car le pays nordique dispose de l’une des premières forces d’artillerie en Europe. Mais d’ici là, face à la "menace directe" que représente la Russie, les pays de l'Otan ont décidé de renforcer leur présence militaire sur le continent européen, et en premier lieu les Etats-Unis avec la mise en place durable d’unités et de structures pérennes. Ainsi après avoir expliqué que cette année "20 000 militaires américaines supplémentaires" ont été déployés "en Europe pour renforcer nos lignes en réponse aux initiatives agressives de la Russie", le président américain Joe Biden a indiqué que les capacités américaines vont être dopées en Espagne, en Pologne, en Roumanie, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Italie et dans les États baltes où la montée de tension autour de Kaliningrad inquiète.

L’enclave russe coincée entre la Pologne et la Lituanie, qui constitue le point le plus avancé de la Russie en Europe, est depuis des années un objet de préoccupation des membres de l’Alliance. Mais avec l’invasion de l’Ukraine et surtout la mise en place le week-end dernier par la Lituanie de restrictions d’approvisionnement de certaines marchandises, en adéquation avec les sanctions adoptées par l'UE, Kaliningrad est redevenue un sujet prioritaire. Car la Russie dénonce un blocus et promet de réagir. Moscou a également estimé ce mercredi que le sommet de l'Otan à Madrid démontre l'agressivité de l'Alliance à l'égard de la Russie et a qualifié l'élargissement à la Finlande et à la Suède de "profondément déstabilisateur".

Alors jusqu’où ira ce bras-de-fer ? Se dirige-t-on vers une escalade entre la Russie et la Lituanie ? Les invités :

François Clemenceau, rédacteur en chef international - Le Journal du Dimanche

Général Jean-Paul Paloméros, ancien chef d’état-major / Ancien commandant suprême
de la transformation de l’OTAN

Jean-Dominique Merchet, éditorialiste - l’Opinion, spécialiste des questions de défense et diplomatie

Rym Momtaz, chercheuse en politique étrangère et de défense International Institute for Strategic Studies
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