Iran, Turquie : Poutine soigne ses amis La vidéo n'est pas disponible

présenté par : Caroline Roux, Axel de Tarlé

Alors que l’armée russe intensifie ses bombardements dans le Donbass, Poutine continue d’avancer ses pions sur la scène int ernationale. Après avoir conforté son alliance avec la Chine de Xi Jinping, le maître du Kremlin est à Téhéran ce mardi 19 juillet. Une visite chez son allié iranien pour rencontrer les dirigeants de la République islamique et participer à un sommet tripartite sur la Syrie avec le président turc, Recep Tayyip Erdogan. Mais une autre guerre est aussi sur la table des discussions : l'Ukraine.  

Le président russe et son homologue turc devraient notamment évoquer la question des céréales ukrainiennes. Des négociations impliquant Moscou, Kiev, Ankara et l'ONU doivent avoir lieu aussi dans les jours à venir en Turquie, après des avancées dans les pourparlers le 13 juillet. Celles-ci visent à faire sortir par la mer Noire quelque 20 millions de tonnes de céréales bloquées dans des silos ukrainiens à cause de l'attaque menée par la Russie en Ukraine. Avec ce déplacement, Vladimir Poutine cherche également à développer des partenariats économiques loin de l'Occident. La Russie et l’Iran, soumis à de fortes sanctions par les puissances occidentales, entendent ainsi renforcer leurs liens économiques. Le commerce entre les deux pays a d’ailleurs déjà augmenté de 81 % l'an dernier pour atteindre un niveau record de 3,3 milliards de dollars. Mais il y aurait un autre enjeu dans ce sommet, selon les États-Unis : l'achat à l'Iran de centaines de drones par la Russie. L’information a été démentie par Téhéran mais nombre d’experts la juge crédible, l’Iran disposant d'une technologie qui fait défaut à la Russie.

De son côté le président américain vient de terminer une tournée diplomatique de quatre jours, l’ayant conduit entre le 13 et le 16 juillet en Israël, en Cisjordanie et en Arabie saoudite. Un dernier déplacement controversé durant lequel il a tenté de réaffirmer l’influence des États-Unis au Moyen-Orient, promettant que son pays "ne se détournerait pas" de la région en laissant "un vide que pourraient remplir la Chine, la Russie ou l’Iran". Mais parmi tous les sujets, c’est surtout sa rencontre avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane qui a retenu l’attention. Désigné par la CIA comme l’ordonnateur de la liquidation du journaliste Jamal Khashoggi, MBS n’est désormais plus ostracisé mais courtisé par les puissances occidentales qui souhaiteraient une augmentation de la production de pétrole. Ce que ce dernier refuse pour l’instant.

Car la question de l’énergie est devenue centrale, en particulier en Europe où les pays cherchent à nouer de nouvelles alliances énergétiques pour remplir leurs stocks avant l’hiver, notamment avec l'Azerbaïdjan. Mais l’inquiétude monte face aux coupures de la Russie et ce alors que plusieurs pays comme la Grande-Bretagne et l’Italie traversent une crise politique sur fond de forte inflation et de flambée des prix des carburants, du gaz et de l’électricité. Dans ce contexte, le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a appelé hier les Européens à poursuivre les sanctions contre Moscou et à "tenir le coup" face à la hausse des prix de l’énergie et de l’alimentation, conséquences de la guerre en Ukraine. "C’est un test de résistance pour nos sociétés. Je suis sûr que [le président russe Vladimir] Poutine compte sur la fatigue des démocraties. Je suis sûr qu’il croit que les démocraties sont faibles. Les sociétés européennes ne peuvent pas se permettre d’être fatiguées", a-t-il déclaré.

Alors quels sont les enjeux du sommet de Téhéran entre la Russie, l’Iran et la Turquie ? La guerre en Ukraine est-elle en train de renforcer l’axe Moscou-Pékin-Téhéran ? Les États-Unis ont-ils perdu la main au Moyen-Orient ? Comment la France et ses voisins européens se préparent-ils à une pénurie de gaz ? Enfin, pourquoi Vladimir Zelensky fait-il le ménage dans son entourage ?  Les invité(e)s :

- Pascal Boniface, directeur de l'IRIS, l'Institut de Relations internationales et stratégiques, auteur de "La géopolitique, tout simplement", publié chez Eyrolles - Elsa Vidal, rédactrice en chef de la rédaction en langue russe de RFI - Rym Momtaz, chercheuse en politique étrangère et de défense à l’International Institute for Strategic Studies - Jean-Dominique Merchet, journaliste à L’Opinion, spécialiste des questions de Défense et Diplomatie  
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