Agriculteurs : le grand bouleversement La vidéo n'est pas disponible

présenté par : Bruno Duvic

Le désarroi est palpable. En terres agricoles, les témoignages de cultivateurs et éleveurs au bout du rouleau se multipli ent. Catastrophes naturelles, inflation... la période est sombre pour tout un secteur. Au carrefour de toutes les crises, les professionnels ont la tête sous l'eau et tentent tant bien que mal de sauver leurs productions. D'autant que les restrictions d'eau sont un casse-tête pour eux. Les rendements pourraient cette année être réduits de plus de 50% dans certaines régions car les éleveurs peinent à nourrir leurs animaux et craignent une pénurie de fourrage pour l'hiver. En consommant 40% de l'eau potable du territoire, c'est un des secteurs les plus gourmands, avec l'industrie.   Pendant ce temps, 14 bateaux chargés de céréales ont quitté l'Ukraine depuis deux semaines. Une reprise qui fait suite à l'accord signé entre Russes, Turcs et Ukrainiens. Celui-ci se met progressivement en place mais reste tributaire des aléas de la situation militaire en Ukraine. Un retour à la normal du commerce céréalier ukrainien semble donc pour l'instant impossible. Surtout que le propriétaire de la principale société ukrainienne de logistique céréalière vient d'être tué dans un bombardement russe à Mykolaïv.   Le manque d'eau, et son partage surtout, sont de plus en plus sujets à polémiques. À Volvic, le propriétaire d’une pisciculture à sec, avec le soutien d'associations et de riverains, incrimine les gros prélèvements d’eau de l'industriel Danone. "Ce combat est celui contre l’accaparement de l’eau par des intérêts privés", explique la Confédération paysanne. Danone se défend de son côté de tout abus de prélèvement pour remplir ses bouteilles. Une affaire scrutée de près par l'ensemble des sites se trouvant dans une situation identique, comme à Vittel où le groupe Nestlé est installé.   Alors, comment l'agriculture peut-elle s'adapter rapidement au changement climatique ? La reprise du commerce céréalier ukrainien se fait-elle dans des proportions suffisantes ? Les industriels seront-ils bientôt sanctionnés pour consommation excessive d'eau ?     Invités :    - Philippe Dessertine, directeur de l’Institut de Haute Finance   - Sébastien Abis, chercheur associé à l’IRIS, auteur de Géopolitique du blé - Sylvie Brunel, géographe, auteure de Pourquoi les paysans vont sauver le monde - Nicole Ouvrard, ingénieure agronome-présidente de l'Association française des journalistes de l'agriculture et de l'alimentation (AFJA)
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