présenté par : Caroline Roux, Axel de Tarlé

Au lendemain de l'assemblée générale de l'Organisation des Nations Unies à New York, Emmanuel Macron s'est rendu à Saint-Na zaire pour inaugurer le premier parc éolien en mer français : 80 éoliennes qui devraient toutes fonctionner avant la fin de l'année et fournir 20 % de la consommation d'électricité du département de Loire-Atlantique. Depuis ce lieu, fer de lance de la stratégie de la France en la matière, le chef de l’État a présenté les grandes lignes de son projet d'accélération des énergies renouvelables. Pour cela, l'exécutif entend notamment diminuer les délais d’implantation. Un projet de loi sera examiné lundi en Conseil des ministres parce que le pays est à la traîne par rapport à ses voisins. En 2020, l'Hexagone était ainsi le seul pays de l'Union européenne à ne pas atteindre le seuil des 23 % de renouvelables dans sa consommation finale brute d'énergie, à 19,1 %.   Emmanuel Macron entend donc désormais aller "deux fois plus vite", pour atteindre le chiffre d’une "cinquantaine de parcs éoliens en mer" en 2050, et une puissance solaire de 100 gigawatts. Parallèlement, le président de la République a dit souhaiter que l’on aille aussi "beaucoup plus vite" sur le nucléaire, reprenant ses plans dévoilés en février dernier. Il promettait alors six réacteurs EPR d’ici 2035 (celui de Flamanville prévu pour 2012 n’est pourtant pas en fonction), et huit réacteurs supplémentaires à l’étude pour faire face aux besoins français en matière d’énergie.   L’heure est donc à l’affichage d’un coup d’accélérateur au moment où le pays se prépare à vivre un hiver avec d'importants risques de tension sur le réseau électrique liés à l'arrêt prolongé de plus de la moitié des réacteurs nucléaires. Ces derniers mois le pays a été rattrapé par la découverte d'un défaut de conception sur plusieurs de ses réacteurs et de sérieux problèmes de corrosion. Un phénomène qui l'a conduit à mettre préventivement à l'arrêt 12 réacteurs alors qu'une partie de son parc l’était déjà en raison du report de programmes de maintenance provoqué par la crise sanitaire. Résultat : 32 réacteurs sur 56 sont aujourd'hui à l'arrêt entraînant un effondrement de la production nationale. La France autrefois autonome en production d'électricité dépend aujourd’hui des exportations d'énergie et ce alors que les cours mondiaux du gaz et de l’électricité explosent.   La ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, a indiqué qu'EDF s'est engagé à relancer l'ensemble des réacteurs nucléaires pour la saison hivernale. Mais pour les spécialistes en énergie nucléaire, ce calendrier sera difficilement tenable. Alors depuis la rentrée les appels à la sobriété se multiplient quand du côté des mairies, des collectivités locales, des entreprises et des ménages l’inquiétude gagne sur fond de flambée des prix. Pour tenter de diminuer leur facture, nombre de Français décortiquent leur consommation depuis plusieurs semaines et comparent les offres des différents fournisseurs. Mais certaines entreprises vont plus loin et prennent des décisions radicales : Duralex vient ainsi de décider de mettre ses 250 salariés près d’Orléans au chômage partiel entre novembre et mars. Ils toucheront 95 % de leur salaire net. La direction espère négocier de nouveaux prix de l’énergie pour ouvrir en avril…   Comment limiter l’impact de la crise énergétique ? Quelles solutions pour faire baisser la facture ?   Invités : - Philippe Dessertine, directeur de l’Institut de Haute Finance  - Erwan Benezet, journaliste en charge de l’énergie - Le Parisien - Aujourd’hui en France    - Soazig Quéméner, rédactrice en chef du service politique - Marianne    - Sandra Hoibian, directrice du pôle Société au CREDOC - Centre de Recherche pour l'Etude et l'Observation des Conditions de vie
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