Succession, épargne... comment réduire les inégalités ? La vidéo n'est pas disponible

présenté par : Caroline Roux, Axel de Tarlé

Dans un rapport remis mercredi dernier à Matignon, le Conseil national de lutte contre la précarité et l’exclusion sociale fait état d’une pauvreté exacerbée par la pandémie dans l’Hexagone. Cette crise a été à la fois "un révélateur et un amplificateur des inégalités sociales de la pauvreté", selon sa présidente Fiona Lazaar. En fin d’année dernière, les Restos du Cœur indiquaient une hausse de plus de 30% des demandes alimentaires en métropole. De même, selon l’Insee, le nombre d’allocataires du RSA a passé la barre des deux millions, et le chômage a augmenté de 6,3% sur un an, selon les derniers chiffres officiels. Certains semblent pourtant hors de portée de la plus grande crise depuis un siècle. Alors que 10 millions de Français vivent désormais sous le seuil de pauvreté, et que 3 millions de personnes ont recours à l’aide alimentaire pour se nourrir, un rapport de la banque suisse UBS et du cabinet PwC révèle qu’entre 2009 et 2020, le patrimoine des milliardaires français a progressé de 439 % (c’est-à-dire qu’il a été multiplié par cinq), soit bien plus que le patrimoine des milliardaires allemands américains, ou anglais (environ 170% d’augmentation pour ces trois pays). "La définition du gavage", selon le député insoumis François Ruffin, qui affuble, comme les membres de son groupe, Emmanuel Macron de l’étiquette de "président des super-riches", ce dont ce dernier se défend. Les milliardaires tricolores sont même les plus riches d’Europe, de loin. C’est ce qu’a révélé Lucas Chancel, économiste au Laboratoire sur les inégalités mondiales à l’École d’économie de Paris dans une étude publiées le mois dernier.   De l’autre côté de l’Atlantique, un milliardaire ne cesse de faire parler de lui, c'est Elon Musk, fondateur notamment de Tesla, les véhicules électriques haut de gamme. Actuellement deuxième personnalité la plus riche du monde avec quelque 169 milliards de dollars, derrière le PDG d’Amazon Jeff Bezos, selon les estimations de Forbes, il a même occupé la position de première fortune mondiale en début d’année. Sa puissance financière et son pouvoir d'influence lui permet de s'imposer dans des secteurs réservés traditionnellement au pouvoir des États, à qui il se mesure désormais. C’est en effet grâce aux fusées SpaceX d’Elon Musk que la NASA peut à nouveau envoyer dans l'espace des astronautes américains depuis le territoire des États-Unis.   Il est en revanche un pays où le gouvernement ne laisse pas les milliardaires se mesurer à lui : la Chine. Le géant asiatique, dont l’économie redémarre plus vite que la plupart des autres grands pays, avec une croissance de 18,3 % au premier trimestre, n’hésite pas à mettre au pas ceux dont il estime qu’ils franchissent la ligne rouge. C’est ce que semble vivre Jack Ma, l’homme le plus riche du pays. Le fondateur d’Alibaba, la plus grande entreprise d’e-commerce au monde, devenue un acteur commercial et bancaire très puissant, n’est, à une exception près, plus apparu en public depuis octobre dernier. Il avait alors critiqué le système de régulation bancaire chinois. Pékin démantèle aujourd’hui son empire. Au-delà de son cas, les signaux se multiplient en Chine d’une reprise en main des entreprises numériques, privées pour la plupart, afin qu’elles se conforment au moule décidé par le chef de l’État.     Invités :   - Fanny Guinochet, éditorialiste à France Info, spécialiste des questions économiques et sociales - Agnès Michel, économiste, membre du comité éditorial de Terra Nova - Philippe Dessertine, directeur de l’institut de Haute Finance - Christine Kerdellant, directrice de la rédaction de l’Usine nouvelle
Télécharger l'application France tv